Jordi de passage à Sète

Publicado en Escritura / Ecriture, Temas del día el enero 20, 2012 por ojosfritos

Il s´appelle Jordi, a 20 ans et voyage à vélo.

Nous le rencontrons à l´office de tourisme de Sète où je l´entend demander avec un petit accent où se trouve l´auberge de jeunesse. Mauvaise nouvelle : elle est fermée.

« Et un hôtel économique ? »

« Oui vous en avez un pour 35 euros » répond la sétoise.

35 euros pour un jeune voyageur ça fait mal…

En sortant je l´entend dire qu´il est de Barcelone.

Nous faisons 3 pas et je demande à mon père si nous ne devrions pas lui proposer notre canapé. Michel n´y voit –évidemment- aucun inconvénient. Nous attendons que sorte à son tour le jeune aventurier et je m´en vais lui proposer. De peur qu´il trouve ça louche je me sens le besoin de justifier ma proposition « écoutes je sais ce que c´est de voyager sans trop d´argent, on a un canapé si ça te dit »… j´y parle en espagnol, il nous répond en français. Jordi accepte volontiers et on se donne RDV à 18h30 à la gare.

Durant les 3 heures qui suivent notre rencontre Michou semble émoustillé « il faut que je range la maison car ce soir il y a Jordi», 18h10 il commence à me dire qu´on doit y aller alors que la gare se trouve à 5 minutes à pieds de chez nous.

Ah la beauté des rencontres imprévues ! Nous sommes ravis à l´idée de partager un repas avec notre mystérieux invité.

18h30 : Jordi est devant la gare avec son vélo. Il nous lance un sympathique « salut » et nous suit. Nous rangeons le vélo à la cave comme nous pouvons et montons à l´appartement.

Michel sort –évidemment- toutes ses cartes : d´abord celle de Sète et de l´Hérault, puis celle de la France et celle du monde qu´il a eu a Noël (c´est une carte chinoise donc la Chine est au milieu). Jordi lui a une carte composée de plusieurs papiers mais il a l´air de bien savoir où il va et ça ça plait –évidemment- à Michou. Il nous parle de la carte « peter » en proportion réelle (mhum…faudra voir ça sur google).

Tout est si fluide qu´on se sert 2 apéros, on parle de Sète, des nouvelles technologies et bien sûr de son voyage.

Il est parti il y a 7 jours de Barcelone. Il fait du 40 voir 70 kms par jour et n´a « pas de limites ». Il dort dans une tente, se lève à 5h30, se fait une soupe puis part sur les routes. Il avance contre le vent, c´est ennuyeux mais du coup quand il y en a plus il a l´impression d´aller beaucoup plus vite. C´est dur physiquement, le froid lui fait mal aux os mais il dit que le froid et la fatigue « restent dehors » lorsqu´il voit depuis le Mont St Clair la mer et tout ce qu´il l´entoure.

Il nous parle d´une route qui va jusqu´en Turquie. Nous gestes s´accélèrent en parlant d´Istanbul, on se revoit dans St Sophie, de grands moments.

Nous mangeons sans silences. Nos conversations naviguent sur des fonds musicaux en tout genre, Jordi aime la musique, ça tombe bien nous aussi.

Plus tard Michel va se coucher et je continue de parler avec Jordi, cette fois en espagnol.

20 ans… c´était hier et en même temps j´ai l´impression que c´est si loin. Et lui muni de son vélo et d´un bon sac de couchage il parcourt le monde. Il me dit « ah mais je pensais que tu avais mon âge » (!) qu´importe « tu peux le faire aussi » rajoute-il.

« Bonne nuit Jordi!

- Marie, ¡muchisimas gracias!

- Merci à toi».

 

Les rêves eux aussi sont  « sans limites ».

Pensando con fluidez / Pensant avec fluidité

Publicado en Cine el enero 6, 2012 por ojosfritos

Sans terminus

Publicado en Musica / Musique el diciembre 21, 2011 por ojosfritos

Ce qui est bien à Sète, c’est que rue Jules Vallès on est toujours en voyage…  ”Attention quand tu commences tu as du mal à t’arrêter” dit-il.

Lo bueno de estar en Sète es que en la calle Jules Vallès seguimos de viaje… “Cuidado cuando empiezas luego te resulta difícil parar” dice.

Bye bye Hellcife o à tout fucking l´heure!

Publicado en Escritura / Ecriture, Fotos / Photos, Temas del día el diciembre 12, 2011 por ojosfritos

En français: sous les photos.

Mi friend Pauet me dice “tu la flipas rapid”.

Se sorprende siempre que después de 2 días o media hora yo pueda decir “este sitio es la bomba” o “esta persona es fantástica” porque el regula sus sensaciones, todo se queda equilibrado, tranquilet el Pauet.

Entonces le contesto que si no la flipo no soy yo, sentir estos subidones y bajones de emociones me hacen sentir viva.

Me repite “te flipaste con Recife”.

Pues pod ser…o no.

Llegué, me encantó un montón de cosas, me querría quedar hasta Carnaval y total en las últimas semanas ya no podía respirar más en esta ciudad, me sentía atrapada y necesitaba irme.

Irse para cerrar capítulos.

Nuestro primer documental, vaya aventura, vaya experiencia… vaya trabajo!

Vivir en Recife me trajo muchas cosas y experiencias interesantes, aunque lamenté muchas veces la falta de tiempo para investigar más la ciudad y sus numerosas actividades culturales.

Fuimos a playas muy bonitas, a fiestas underground, cool, y super popelup, un festival de cine increíble…Trabajamos por el Cervantes gravando flamenco y al mismo tiempo iba pegando los ultimo papelitos de las secuencias del docu en la pared… El guíon: un puzzle en la pared.

Cada día íbamos marcando las secuencias hechas contentos de ver que íbamos avanzando.

El calor empezó a aumentar y el aire contaminado se hacía cada vez más inaguantable.

Bye bye Hellcife…

Nos fuimos al norte: Joa Pessoa… mhum… no me flipé pero leí Mafalda. Pau un poco porque pudo -después 4 meses- ver un partido del Barça. Conocimos otro flipado que había viajado por todo el mundo, que nos explicó el trafico de delfines, los corientes marineros… “increivel increivel!”

De ahí nos fuimos a PIPA para pasarla pipa.

En Pipa llegamos y al principio no me flipé, pensé que como era una pequeña ciudad muy turistica nos íban a engañar y que a parte de playas no ibamos a ver nada.

Total nos quedamos más de una semana… y… me flipé.

Me flipé con las playas desiertas y al agua caliente, me flipé con la luna que veía llenarse cada día más nadando en la piscina que quedaba a 5 metros de nuestra habitación, me flipé con los zumos, las palmeras, el Barça otra vez, los partidos de ajedrez, el reggae por todos sitios y sobretodo con la gente.

Empezamos a conocer Jesus un vasco mayor que fue diseñador de ropa en India, jefe de una discoteca y que ahora va a abrir un centro privado de tantra. Luego conocimos a Laurent de Marseille un personaje muy peliculero de cual podría contar mil historias. Y hubo Larz de Chicago de la possada donde estabamos, un freaky de estos que dice “fuck” cada 3 palabras…

Total unas personas de estas que no cruzas cada día y que te dices realmente pueden existir personas así?

Pues si, existen. Existe una cantidad de personages y de sitios a conocer tan grande como la cantidad de documentales por hacer (me flipo?).

Anyway, Brasil no me deja otra que pensar en cuando y como regresar, ojala que este cierre marca un otro principio y que las cosas siguen en este camino, camara a mano.

Aprovecho para agradecer Aleks por la oportunidad increíble que nos ofreciste (ojala que algun día podamos proponerte un proyecto tan genial que este), a Juliana por su gentilleza permanente, y obviamente a Pau por haber compartido esta experiencia conmigo y por haberme hecho dar cuenta que flipada soy, flipada quedaré porque “la vida es una tom tom tombola”.

Mon ami Pauet me dit “tu t´emballes vite”.

Il se surprend toujours qu´après 2 jours ou une demi-heure  je puisse dire “cet endroit est genial!” ou “cette personnes est fantastique” car lui il régule ses sensations, tout est équilibré, tranquilou le Pauet.

Donc je luir épond que si je ne m´emballe pas, je ne suis pas moi, que sentir ces montées et descentes d´émotions me font sentir vivante.

Il me répète “tu t´es emballée pour Recife”.

Peut être…ou non.

Je suis arrivée, j´ai adoré plein de choses, je voulais rester jusqu´au Carnaval et les dernières semaines je ne pouvais plus respirer dans cette ville, je me sentais bloquée et j´avais besoin de partir.

Partir pour fermer des chapitres.

Notre premier documentaire, quelle aventure, quelle expérience, quel travail!

Vivre à Recife m´a permise de vivre des expériences intéressantes bien que souvent je manquais de temps pour profiter des activités culturelles de la ville. Nous sommes allés à de belles plages, à des fêtes underground, cools et super popelup, un festival de ciné incroyable. Nous avons travaillé pour l´Institut Cervantes (filmant du flamenco) et en même temps je collais les derniers bouts de Napier des séquenles du documentaire au mur… Notre scénario: un puzzle sur le mur.

Chaque jour nous cochinos les séquenles faites contents de voir que nous avançions.

La chaleur commença a augmentar et l´air pollué se faisait de plus en plus insupportable.

Bye bye Hellcife…

Nous sommes allé au nord: Joa Pessoa… je ne me suis pas emballée mais j´ai lu Mafalda. Pau un peu car après 4 mois il a en fin pu voir un match du Barça. Nous avons connu un autre “emballé” qui avait voyagé partout, il nous expliqua le trafic des dauphins, les courrants marins… “incroyable, incroyable!”

De là nous sommes allé à Pipa.

Au début je ne me suis pas emballée j´ai pensé que comme c´était trés touristique on allé se faire avoir et qu´à part les plages on allait pas voir grand chose.

Finalement nous sommes restés et je me suis emballée…

Je me suis emballée à cause des plages désertes, et de l´eau chaude, de la lune que je voyais se remplir jour après jour en me baignant dans la piscine qui était à 5 mètres de notre chambre, des jus de fruits, des palmiers, du Barça de Nouveau, des échecs, du reggae partout et surtout à cause des gens.

Nous avons connu Jesus un basque de 67 ans qui fut designer de vètements en inde, directeur de boîte de Nuit et qui va ouvrir maintenant un centre de tantra privé. Ensuite nous avons connu à Laurent de Marseille, un personaje de film dont je pourrai raconter deja 1000 histoires. Puis Larz de Chicago, qui dirigeait l´hotel où nous étions, un de ces perchés qui dit “fuck” tout les 3 mots…

Bref ce genre de personnes que tu ne croises pas tous les jours et que tu demandes si ils existent vraiment?

Et oui ils existent. Il existe une quantité de personajes et d´endroits à connaître aussi grande que la quantité de documentaire à faire (je m´emballe?).

Le Brésil ne me laisse pas d´autre choix que celui de penser à quand et comment revenir, faite que ce final marque un autre début et que les choses puissent continuer dans ce chemin, la caméra à la main.

J´en profite pour remmercier Aleks pour l´opportunité incroyable que tu nous a offerte (en espérant qu´on puisse un jour te proponer un projet aussi intéressant), à Juliana pour sa gentillesse permanente et à Pau bien sûr pour avoir partagé cette expérience avec moi et pour me faire réaliser que oui je m´emballe vite et que je continuerai à le faire car la “vie c´est une tom tom tombola!”.

Fuimos a misa

Publicado en Temas del día el noviembre 29, 2011 por ojosfritos

Ayer en camino a nuestro hostal nos perdimos. No me gusta perderme cuando conozco mi camino pero infelizmente no había pensado que en la misma avenida los números podían pasar de 1075 a 1103 luego volver a 1025, 1027, 1109… mhumm… sigo sin entender la lógica de este negocio pero total llegamos a una de estas Iglesias como hay tantas aqui, una de la red “Jesus é Cristo”.

Al ser perdidos pues no costaba nada intentar encontrarnos en la Iglesia. Nos dejaron entrar, yuhuuu! A dentro el aire acondicionado a full como siempre, unos huecos en las paredes, bicicletas al fondo, unas personas de todas edades, un orador gordet y 2 bodyguards. Pudimos assistir a los 15 minutos finales y de contenido me acuerdo unas frases como “encuentra tu talento”, “no te esperas 1 año” y sobretodo la repetición de la palabra “financiero” cada minuto.

Al final el orador pidió por dinero pero no 1 o 2 reales, pedía dones de 10, 15, 20 reales (entre 4 y 8 euros) y este dinero tenía que ser dejado SOBRE la Santa Biblia O traído el próximo lunes sin falta. Primera vez que veía que la fe se podía mezclar con tanta facilidad con el dinero.

Además de esta omnipresencia del tema económico nos sorprendimos por el talento del orador que -exagerando un pelín- podía acercarse al famoso niño predicador.

Sin duda ellos encontraron su talento y no esperaron años para explorarlo.

 

Vivir en Recife 2

Publicado en Fotos / Photos el noviembre 21, 2011 por ojosfritos

 

Fotos de Aleks y yo

De inspiración Iranzeña en un día Iranzeño

Publicado en Fotos / Photos, Temas del día el noviembre 11, 2011 por ojosfritos

En este día especial muchas felicidades para ti!

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Remuant périple

Publicado en Escritura / Ecriture, Fotos / Photos el octubre 25, 2011 por ojosfritos

Une bosse, deux bosses, trois bosses…

Les noix de coco tenues en grappe valsent avec les poulets encore en vie.

Quelques sacs de farine servent de fauteuil à un jeune garçon. Placé à l´avant, la tête au vent il peut profiter pleinement du spectacle : la traversée des champs de cannes à sucre, l´arrivée en ville.

Est ce là bas que tout se passe ?

Pour lui c´est peut être la centième ou millième fois qu´il fait ce voyage en terres Pernambuquéennes, pour moi c´est la première.

Les étoiles scintillent fort mais dans cette noirceur profonde on ne distingue que les silhouettes des passagers. De temps à autre de curieux lampadaires rouges éclairent notre chemin qui, parcouru par le camion, nous enveloppe d´un grand nuage de terre.

Mon ami s´immisce jusqu`au garçon, je n´y vois rien mais je le suis.

Tout autour de nous l´abondante forêt a quelque chose d´effrayant : les pointes des hautes feuilles des palmiers, la quantité de grillons, ou peut-être le souvenir de l´ardent violet du coucher de soleil.

Par dessus le bruit du moteur, on devine des bribes de conversation, elles ne sont pas dans ma langue mais leur présence m´apaise.

Je ne ressens plus de peur face à la nuit ni à cette proximité avec le grand inconnu, la magie est entrée, l´instant figé.

Nous arrivons à la ville où nous stoppons sur une petite place pavée. Demain les passagers du camion installeront le marché avec les premiers rayons de soleil, vers 5 heures. Ils déchargeront le camion et videront les sacs remplis de la veille.

Nous reviendrons les filmer, mémoriser cette fois l´abondance de couleurs, apprécier les sourires des deux marchandes, dire aurevoir au jeune garçon.

Photos d´Aleks:

Luna llena y otras noches en Recife / Pleine lune et autres nuits à Recife

Publicado en Fotos / Photos el octubre 15, 2011 por ojosfritos

 

Vivir en Recife/ Vivre à Recife

Publicado en Cine, Entrevistas/ Interviews el octubre 6, 2011 por ojosfritos

En français: sous les photos

Recuerdo, cliché y felicidad

Empezar  a escribir sobre “vivir en Recife” es empezar a escribir sobre lo que para mí de momento corresponde a “vivir en el Brasil”, es decir, una inmensa tarea.

Van ahora más de 2 semanas que estamos en la “Venise Nordestiña” y las impresiones se multiplican en mi cabeza. De momento los colores están llenando el lienzo y aunque hayan espacios vacíos no puedo parar de admirar los tonos intensos de este azul, este amarillo y este verde.

Soy conciente de unas matices de gris: hay niños sin zapatos en la calle y la ciudad tiene las venas tan contaminadas que su aire es inaguantable al cruzar algunos puentes.

Igual así veo belleza en todos los rincones, del puerto al centro antiguo hasta mi barrio Boa Viagem donde el sábado es mar, sol y agua de coco.

Tanpoco estoy de “Erasmus latino” como en mi último viaje en América del Sur conviviendo en Lima con 15 adictos a la fiesta. En casa, mi compi es capaz de acostarse antes de las 11pm y cada noche entramos en guerra contra un batallón de mosquitos bien armados. En semana vamos de escritorio en bibliotecas hasta panaderías intentando de encontrar un sitio donde se puede trabajar en grupo, pasando de buses a auto, auto a buses. Pues si, tenemos horarios, reuniones, incluso un móvil…estamos aquí por trabajo.

Este tema podría ahora ser un buen climax “está en Brasil encantada pero tiene que trabajar mucho y su trabajo”…

Pues, mi trabajo…

nunca ha sido tan placentero.

Estas dos últimas semanas fueron dedicadas a mirar el material gravado, ver que se podría utilizar, que se podría completar, conversar ejes de narración, elegir personajes claves, pensar en que se podría editar como secuencia, que podría ser una transición de puta madre… o sea una “chuva “de ideas constante!

Poco a poco en mi cuadro-postal mental de “mi” nueva ciudad se añaden nuevos colores: el rojo obviamente (del auto de Juliana, de la mermelada de goiaba, del nuevo short de Aleks, del mechero que tenemos en casa) y el cepia de mi nueva libreta.

Ella fue un impulso, una necesidad urgente, un bonito regalo.

“Lunes 26 de septiembre en el bus,

Empiezo una libreta nueva, no un cuaderno para contar largas historias, no, una libreta para tener siempre conmigo para apuntar grupos de música, reflexiones, observaciones. Me alegra volver a tener una libreta. Me gusta porque es un espacio confuso y lleno de tipografías y colores diferentes pero al momento de leer las palabras dejadas por orden cronológico se reconstruyen recuerdos que a veces han sido olvidados.”

Uno de mis primeros recuerdos al llegar aquí fue la imagen de la vida tropical que me había transmitido el video clip de la canción “Lambada” y con ella la admiración que tenía a los 4 años al ver los niños bailando.

Recuerdo como ya me hacía la “listilla” como dice mi compi cuando para el espectáculo de navidad fui una de las 2 elegidas para bailar sobre esta canción CON maracas!! Et toc!

22 años después, al regresar de una gaypride “mágica” me enseñan las letras. Hablan de llorar, recuerdo, amor perdido.

Esta canción, ¿triste? You´re kinding me?

En mi memoria con un ritmo así era pura alegría entonces la volví a escuchar. Escuché el acordeón, melancólico, y pensé que con mis 4 añitos no podía aún darle importancia y sentido.

En las calles de Recife no encontré muchos acordeones aún pero música no falta. En cualquier barrio, por cualquier motivo y a cualquier momento pueden resonar percusiones, trompetas, cantos. Llegan los grupos de Carnaval que no pueden aguantar los meses que faltan hasta LA gran fiesta que parece ser una religión aquí. Y en caso que sea solo un par de músicos se junta siempre más gente para formar un circulo donde quien quiera puede entrar a hacer unos pasitos de baile al centro. Un show total!

Al mirarles muchas veces me pregunto: ¿De donde sacan esta alegría de vivir?

Y aunque suena tan cliché, esta playa este sol y estas palmeras …¿no tienen nada que ver?

Podría ser pero los que me acogen con tanta buena onda son los mismos que  entre dos pinchos de corazón de gallina me enseñan frases como “Nao importa quem morio, eu quero chorar” (No importa quien murió yo quiero llorar). No me lo dicen en plan borracho para decir cualquier cosa, no, me lo repiten orgullosos para “que me lo lleve a Francia”… toma niña aquí bajo el sol hablamos de dolor con sonrisa… que tal?

Total me pasa lo mismo que con la lambada me dejo llevar por el ritmo sin fijarme que el acordeón aunque invisible siempre está presente.

Al buscar sobre la palabra “saudade” encontré una definición de un escritor portugués Manuel de Melo, del siglo XVII que dice “bien que se padece y mal que se disfruta”.

Mal que se disfruta…¿Esto explicaría todo?

Al asumir el mal como componente de un bien, al aceptar el dolor como integrante de la vida, llegarían a acceder a otro tipo de felicidad? Una más cercana a la realidad, más completa?

Y si esta felicidad aparente sería en realidad una mascara para esconder las cicatrices hechas después de un atardecer precipitado?

De momento no busco respuestas, prefiero mirar los colores.

Souvenir, cliché et bonheur

Commencer à écrire sur le thème “vivre à Recife” c´est commencer à écrire sur ce qui pour moi correspond au thème “vivre au Brésil”, c´est à dire une grande mission.

Voilà plus de 2 semaines que nous sommes dans la « Venise du Nord- est » et les impressions se multiplient dans ma tête. Pour le moment les couleurs sont en train de remplir le tableau. Bien qu´il y des endroits vides je ne peux m´empêcher d´admirer les tons intenses de ce bleu, ce jaune, ce vert.

Je suis consciente de certaines variantes de gris : il y a des enfants sans chaussures qui se promènent dans les rues et la ville a les veines si polluées que son air devient insupportable lorsqu´il faut traverser certains ponts.

Malgré tout je vois de la beauté dans tous les coins, du port au vieux centre jusqu´à mon quartier Boa Viagem où le samedi c´est traditionnellement : mer, soleil et eau de coco.

Je ne suis pas non plus en échange universitaire « Erasmus latino » comme lors de mon dernier voyage en Amérique du Sud où je cohabitais avec 15 fêtards à Lima. À la maison, mon colloc est capable de se coucher avant 23h et chaque soir nous entrons en guerre contre un bataillon de moustiques assoiffés de notre chair fraiche. La semaine nous allons de bureau en biblio et même boulangerie pour essayer de trouver un endroit où nous pouvons travailler en groupe passant des bus à la voiture, de la voiture aux bus. Et oui… nous avons des horaires, des réunions, un téléphone portable… nous sommes ici pour travailler !

Ce sujet pourrait alors être un bon climax « elle est au Brésil, ravie, mais elle doit beaucoup travailler et son travail… »

Mon travail…

n´a jamais été aussi plaisant !

Ces deux dernières semaines il s´agissait de regarder le matériel filmé, décider ce qui peut être utilisé, ce qui peut se compléter, parler d´axes narratifs, choisir les personnages clefs, penser à ce qui peut être monté comme séquence, à ce qui pourrait être une super transition. Une pluie d´idées constante !

Petit à petit se rajoutent dans mon tableau-carte postale mental le rouge, le rouge de la voiture de Juliana, de la confiture de goiaba, du nouveau short d´Aleks, du briquet que nous avons à la maison ; et le cépia de mon nouveau calepin.

Une impulsion, un besoin urgent, un joli cadeau.

« Lundi 26 septembre, dans le bus

Je commence un nouveau calepin, pas un cahier pour écrire de longues histoires, non, un calepin pour avoir toujours avec moi pour noter le nom de groupes de musique, des réflexions, des observations. Je suis contente d´avoir de nouveau un calepin. J´aime cet espace parce que même confus et rempli de typographies et couleurs différentes au moment de lire ces mots déposés  par ordre chronologique les souvenirs parfois oubliés se reconstruisent. »

Un de mes premiers souvenir à mon arrivée ici fut la fameuse chanson « La lambada » et avec elle l ´admiration que j´avais à voir les enfants danser. Je me souviens alors qu´à mes 4 ans je faisais (déjà) ma maligne quand pour le spectacle de noël je fut une des 2 choisies pour danser sur cette chanson AVEC les maracas !! Et toc !!

22 ans plus tard, au retour d´une gaypride on m´apprend les paroles… Ça parle de quelqu´un qui pleurera le souvenir d´un amour qu´elle n´a pas su protéger.

Cette chanson, triste ? C´est une blague ?

Dans ma tête avec ce rythme ce n´était que la joie pure alors devant ma perplexité je l´ai réécoutée. J´ai alors entendu l´accordéon, mélancolique,  et j´ai pensé qu´avec mes 4 ans au compteur je n´avais pas pu y donner de sens.

Dans les rues de Recife je n´ai pas encore trouvé beaucoup d´accordéons mais la musique, il n´en manque pas. Dans chaque quartier, pour quelconque raison et à tout moment on peut entendre résonner des percussions, des trompettes, des chants. Les groupes de Carnaval rongés par l´attente de LA grande fête qui n´aura lieu qu´au mois de mars, débarquent et envahissent les rues. Et s´il s´agit qu´un d´un petit groupe de musiciens il y a toujours des passants pour agrandir la ronde où tout le monde peut entrer faire quelques pas. Le grand show !

Quand je les regarde je me demande souvent : d´où puisent ils cette joie de vivre ?

À vrai dire, bien que ce soit très cliché, cette plage ce soleil et ces palmiers… n´ont il rien à voir ?

Peut être mais ceux qui m´accueillent si gentiment sont les mêmes qui entre deux brochettes de cœur de poule m´apprennent des phrases du genre « Nao importa quem morio, eu quero chorar” (Qu´importe qui est mort, je veux pleurer”). Mais ils ne me le disent pas en plan bourré pour dire quoique ce soit, ils me le répètent pour « que je l´emporte en France »… prends ça ma fille ici sous le soleil on parle de douleur avec le sourire… pas mal hein ?

Au final c´est la même histoire qu´avec la lambada je me laisse emportée par le rythme sans me rendre compte que même invisible l´accordéon est toujours présent.

En faisant des recherches sur le mot « saudade » qui parle de cette mélancolie ressentie à l´évocation d´un souvenir, d´une personne, j´ai trouvé une définition d´un écrivain portugais du XVII Manuel de Melo qui disait « bien qui fait souffrir et mal qui se savoure ».

Mal qui se savoure…

Ceci expliquerait-il cela??

À assumer le mal comme composant du bien, à accepter la douleur comme partie intégrante de la vie, arriveraient-ils à accéder à un autre tipe de bonheur ? Une plus proche de la réalité, plus complète ?

Et si ce bonheur apparent serait en réalité un masque pour cacher les cicatrices faites durant une nuit noire arrivée trop tôt ?

Pour le moment je ne cherche pas de réponses, je préfère regarder les couleurs.

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