Archivo para julio, 2014

Les aéroports

Posted in Escritura / Ecriture on julio 14, 2014 by marie

J´aime bien être dans un aéroport. Je me sens comme dans un cocon, les grandes vitres me protègent de l´extérieur mais je peux quand même voir le ciel. Les avions décollent vers différentes destinations et moi j´aire dans cette bulle aseptisée. C´est si clean, si brillant ça en est parfois déroutant. J´aime pourtant cette sensation de glisser sur le sol, aucun risque de laisser ses empreintes. C´est un micro monde un aéroport : on peut tout acheter, manger de tout, se faire nettoyer les chaussures…
Pendant longtemps j´ai cru que je préférais les gares aux aéroports parce qu´elles étaient plus proches de la vie, les gares ça pue, c´est le bordel. Un aéroport c´est un SAS à lui tout seul, on n´y voit jamais de misère juste des gens qui passent. Nous sommes des gens qui passent et c´est tout.
J´ai transité par des dizaines d´aéroports, certains me sont familiers, d´autres ne me reverront jamais. J´ai souvent voyagé seule, parfois accompagnée. A plusieurs on peut partager l´émotion du voyage mais tout n´est que moment qui devient souvenir à peine est-il passé. Ca ne me dérange pas de voyager seule et d´arpenter un aéroport mon sac et moi. Au contraire je crois que c´est un moment que je savoure particulièrement car une sensation unique s´empare de moi, je me sens en paix. C´est comme si je n´avais ni passé ni futur, je suis là comme tout les autres passagers dans un état de transit ne sachant pas ce qui m´attend oubliant déjà ce que j´ai laissé.
Ce qui est intéressant c´est comme dans tout site de transit on peut observer une diversité de personnes remarquable. Il y a d´abord une grande part de messieurs à costumes (c´est eux qui se font nettoyer les chaussures). Ce sont les maîtres du bagage, ils ont la valise de taille standard easy jet, ils marchent vite, ont un forfait international, un ordi portable. Ils ne se demandent pas dans quel état ils transitent, ils n´ont pas le temps car il faut préparer la prochaine réunion. Ces messieurs ont aussi leurs semblables féminins, toujours bien peignées, avec des talons, elles ressemblent à des hôtesses de l´air mais elles ne le sont pas, ce sont de business women.
Il y a ensuite les « standards », ceux qui sont habillés plutôt casual, qui achètent une revue, prennent un café. Ils sont cools, pas forcément émus, ils attendent leurs vols.
Ensuite il y a les touristes : ceux en famille (les enfants ont un sac à dos avec leur prénom dessus) ou entre amis, on les reconnaît vite car ils ont l´air content : ils rient bruyamment et se prennent en photos. C´est eux qui au retour de vacances font marcher les magasins duty free : clopes, chocolat, alcool, ils font le plein.
Mais il n´y pas que des gens qui voyagent dans un aéroport, il y a ceux qui y travaillent. Bon il y a les VIPs qui embarquent comme hôtesse, Stewart ou commandant et il y a tous les autres qui -je suppose pour un salaire pas très exorbitant- lavent les chiottes, enregistrent les passagers, portent les sacs, guident les avions sous la pluie, préparent le café, nettoient les chaussures. On ne les observe pas toujours, on n´a pas le temps, limite on ne les voit pas, mais ils sont là, tous les jours toute l´année, sans transit.

Aéroport de Zurich, 7 mai 2014.

Mexico

Posted in Escritura / Ecriture, Musica / Musique on julio 10, 2014 by marie

Le triste en live

La première fois que j´associe le pays “Mexico” à une image culturelle, c´est celle du chanteur José José interprétant “El triste”.  J´ai 22 ans.

Je connaissais Frida, j´avais vu “Les amours chiennes” mais là concrètement le mot “Mexico” marqué de blanc sur un fond vintage apparait à l´écran.

On regarde ça à l´ordi (youtube existe déjà), à Lima au Pérou.

Après une entrée de prince, José José prononce ses premières paroles “que ce fut difficile de nous dire au revoir”.

Zoom progressif sur le chanteur. Il monte « quand on s’aimait autant… ».

Plan rapproché de profil. Il a un visage doux.

A mes côtés, Felipe en a déjà la chair de poule. Un homme qui en émeut un autre, c´est pas si courant… Je regarde et écoute, attentive.

La chanson, déprimante à souhait, reprend de la force. Ces montées de souffrance c´est terrible et jouissif à la fois, on a envie de souffrir avec lui tellement ça nous prend physiquement.

Au niveau de l´histoire c´est assez classique en fait puisque José José est amoureux de d´une fille qui l´a quitté. Il est triste, plus rien ne brille à ses yeux. Il ne sait pas s´il la reverra, ni même que sera sa vie sans elle. Il survit grâce au souvenir, qu´il entretient en parlant d´elle.

Je remarque que les gens lui jettent des roses comme pour le consoler de son malheur ou le féliciter de crier sa peine si bien, ouah!

L´orchestre (qui est assez grand) le soutient plus que jamais, explose même, José José aussi, putain que c´est beau ! Sous sa veste de seigneur, on voit dépasser des manches en dentelle, malgré un nom de scène pas très original, il est d´une élégance troublante.

Il reprend “aujourd´hui je veux savourer ma douleur”…

Une pause.  « L’histoire de cet amour est écrite pour l’éternité »…

Final sous les applaudissements du public qui n’en peut plus… trop c’est trop ! L’émotion atteint son sommet… ouahhh !!!

8 ans plus tard, je regarde cette vidéo seule, j’en ai la chair de poule. Hélas artiste tourmenté… artiste condamné. Je repense à l’histoire de ce chanteur dont la voix si incroyable a été usée par l’alcool. Quelle connerie ! Lui qui arrivait à rendre la souffrance palpable.

Alors souffrir d´amour à la “José José” inconsolable et dramatique?

En l’écoutant, on serait tenté…

Mais en même temps, des studios comme ça on n’en fait plus! Moi je chantonne sous la douche c’est tout et puis de toute façon je ne suis pas mexicaine alors bon tant pis…j’opte pour “Mexico, Mexiiiiiiiiico…sous le soleil qui chante iiiiiii”!