Archivos para enero, 2016

I give up en mode popelup

Posted in Escritura / Ecriture, Temas del día on enero 18, 2016 by marie

J’écoute « Lose your soul » de Dead man’s bones, une chanson découverte dans le film La bataille de Solferino de Justine Triet, au Pathé de Belfort dans la salle 1 ou la 3, en septembre 2013. Je me souviens d’un plan latéral, l’actrice marchait avec une niaque de folie, sa journée s’annonçait tendue. Elle s’avançait et on entendait « tu vas perdre ton âme ce soir » suivi d’un chœur d’enfants chantant « j’abandonne… ».

Oui moi aussi ce soir, I give up.
Je démissionne,
je résilie l’abonnement,
j’envoie la rupture du bail,
je vous quitte,
tchao,
me voy !

Je laisse les reflets du soleil sur la Savoureuse, les réveils avec les rires de mes neveux, le tour des salles du ciné, les apéros improvisés, les croissants au bureau, les rires, le mascara qui coule car on a pleuré, les « afters », les retours de la gare TGV, les « ah ça peut plus durer », quelques frissons aussi.

3 ans et demi de vie :

Une chambre sous les combles chez mon frère, un studio d’étudiante, un appart avec machine à laver, un 50 m2 avec une table pour recevoir 6 personnes !
Des ruelles désertes, une rivière poétique, un château pour lever la tête, des collines au loin, des maisons aux couleurs pastel.

Un grand Cinéma, un premier vrai pas dedans, un bureau lumineux, des classeurs décorés, des idées, des OKs.
Des sourires d’enfants en pagaille, des rires, des échanges sur les films tous les jours, des découvertes en 35 mm, des rencontres, une boum… la pêche malgré la pluie.

Mon frère, ma belle-sœur, mes deux nièces et mon neveu, le Club. Ces liens familiaux qui si longtemps étaient géographiquement éloignés. Le « on vit dans la même ville », on partage, on s’aime, c’est beau.
Des gens qui se greffent au passage, qui avec le temps deviennent des amis, des vrais, ceux qui vous laissent mettre de la cumbia, ceux avec qui on peut s’engueuler, ceux qui vous écoutent pleurnicher, ceux qu’on revoit les lendemains de cuites.
Des collègues drôles qu’on a envie d’inviter chez soi à manger de la moussaka (ah merde… t’aimes pas l’aubergine !), des vies que je viens à peine de croiser, des gens qui donnent à être connus… si seulement on avait le temps !

Quitte à laisser tout ça, je laisse aussi mes frustrations, mes peines, mes colères, mes « quel temps de merde » et mes « j’ai besoin de bouger là ».

La preuve je bouge de là. Pas tant à la Mc Solaar, mon côté « drama » veut que je passe par toutes les émotions possibles… « émotions, c’est émotionnel ».

Alors, je suis triste de laisser tout ça, évidemment.
Ma première pote sera certainement Soledad qui me balancera d’un ton impertinent «tiens, mais tu ne connais personne ici… ». Voilà voilà…
Bonsoir moi, ça va bien ce soir ?
Ça va ça va, tu vois…
j’écris.
(Petit exercice qui permet de vomir mon trop plein d’émotions, un peu comme la nana dans Carnage de Polanski, les salopards de Tarantino).

Partage émotif oblige entre : la peine de quitter un endroit où j’ai été heureuse & un enthousiasme réel d’un nouveau challenge professionnel.

Faire la programmation d’une salle de cinéma !
Yeah !
Une salle de cinéma qui s’appelle Agnès Varda qui plus est !
Avec Agnès on a marché sur les mêmes plages, on a regardé le même horizon, mais bon elle n’est pas au courant.
Une salle avec un piano dedans, deux salles de concert, une médiathèque et un labo à côté !
Putain un rêve de gosse ! Mille idées de films me viennent en tête…
« Avoir son ciné », émotion culturelle assurée.

Après le reste viendra, non ?
M’éclater, récolter d’autres sourires d’enfants, oser, proposer, apprendre, faire le tour des sales, partager et croiser d’autres vies à connaître…

Dire bonjour, dire au revoir.

Au revoir Belfort, bonjour Beauvais.

Entre les deux, le pris est pris. Merci.