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Close-up, final scene

Posted in Cine, Escritura / Ecriture on julio 5, 2016 by marie

Lundi 4 juillet
Ce soir je regarde “Close-up” d’Abbas Kiarostami, un film magnifique dans une belle salle de cinéma… dans “ma” salle de cinéma!
Puis je ne suis pas seule (ouf!) !
Il n’y a pas d’invités particuliers, c’est le “RDV des Cinéfreaks”! Enfin c’est plutôt une excuse pour rassembler des gens autour d’un verre puis surtout autour d’un film.
Des gens sont venus donc boire un verre, voir le film, par sympathie, par curiosité, par envie… Enfin, ils sont là, on est là, pour le cinéma.

Ce film c’est un peu un “ovni” cinématographique entre documentaire et reconstitution, entièrement inspiré d’un fait réel et joué par les vrais protagonistes. Il n’est pas des plus facile “d’accès” mais doté d’une profonde part d’humanité, j’étais impatiente de le programmer ici.

C’est l’histoire de Mr Sabzian en Iran en 1989.
Mr Sabzian est profondément passionné de cinéma, Mr Sabzian est pauvre et un jour dans le bus il commence à se faire passer pour le grand réalisateur Makhmalbaf.
Pourquoi faire ?
Pour manger, pour qu’on le respecte, par amour à l’art, au cinéma?
“L’art c’est ce qu’on développe à l’intérieur” et “Mr Makhmalbaf a su capter toute la souffrance que je n’arrivais pas à décrire…”
C’est un amoureux,
un amoureux du cinéma.
Quoi qu’il en soit, amoureux ou pas, tel un garçon qui a fait une bêtise, on l’arrête et on le juge…
Retour à la réalité, interrogé par le juge, interrogé par la caméra, on ne pas rêver d’être quelqu’un d’autre Mr Sabzian! On ne peut pas échapper à ce que nous sommes voyons!
On peut quand même encore rêvé, non ?

Mardi 5 juillet
Plus concrètement, hier j’ai “rêvé” que pour ce 1er RDV Cinefreaks nous serions… allé.. au moins 10 …(!),
nous étions 18 !
La qualité et non pas la quantité” CR@Perrine :).
18 à voir ce film, certains à l’aimer ou pas, plus ou moins, en tout cas…
18 à être là ensemble dans cette salle obscure, devant cet écran pour voir, sentir, partager.
C’est ce que j’aime le plus dans le fait de travailler dans le cinéma, au delà de sa diversité passionnante, ce qui me fascine c’est sa capacité à rassembler des gens différents pour leur faire vivre un moment commun dans lequel parfois ce public d’accord ou pas, se rencontre.

Nous sommes sortis de la séance et j’ai appris la mort du réalisateur à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer.
Coïncidence curieuse alors que son oeuvre vivait pleinement pour 18 d’entre nous hier soir, lui partait ailleurs…
Étrange moment, mystique situation?

Je repense alors au film et à cette scène finale et inoubliable où le vrai Mr Makhmalbaf embarque Mr Sabzian à sa sortie de prison.
Pour ma part je ne peux m’empêcher de pleurer devant la beauté de la rencontre réelle et rêvée entre le passionné et le passionnant…
Ah qu’il est -finalement- bon de rêver.
Accompagnés d’une fleur rouge, ces deux êtres sensibles et véritables en mouvement dans la ville nous offrent un plaisir baigné de tristesse de nous échapper.

Son auteur aujourd’hui nous échappe aussi, mais son oeuvre reste bien vivante, offerte tel un cadeau à ceux qui comme moi la découvrent à peine…

Le vrai rêve du cinéma c’est que ses étoiles ne meurent jamais.