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Pursuit of loneliness

Posted in Artículos / Articles, Cine on marzo 9, 2016 by marie

Aujourd’hui sort en salle le très beau film Pursuit of loneliness de Laurence Thrush pour lequel j’ai écrit un texte pour le dépliant ACID, à télécharger ici ou à lire directement là :

Quel est le sens d’une vie ?
Quel est le sens d’une vie dont l’unique trace visible se résume à deux chiens, des montagnes de papiers, des vêtements avec étiquettes, un nom, un seul, celui de la pharmacienne ?
Cynthia R-A-T-S-C-H se meurt dans l’anonymat le plus absolu.
Personne pour la pleurer, personne pour payer la note d’hôpital, personne pour récupérer ses objets. Des objets révélateurs du « syndrome de Diogène » qui en disent long sur l’isolement de cette personne âgée.
Pour traiter le thème de la fin de vie dans la solitude, Laurence Thrush fait le choix d’un montage subtil entre la vie quotidienne d’un hôpital surchargé, façon documentaire, et celle de la future mourante dont les dernières heures s’écoulent lentement.
Cynthia a chaud. Elle va mourir, elle est déjà morte, qu’importe. Elle veut la même coiffure que celle de la publicité, le bijou du téléachat, elle veut que son ventilateur la rafraîchisse.
Parallèlement, le grand défilé des professions « socialcare » se déploie  : il y a ceux qui soignent, ceux qui veillent, ceux qui accompagnent, remplacent, nettoient.
Avec une respectueuse distance caméra, le spectateur entre dans le monde bien vivant de la mort : un indice, une enquête et des procédures à n’en plus finir, parfois quasi comiques. Un monde qui fait « ce qu’il faut bien que quelqu’un fasse » avec un professionnalisme touchant.
Les questions effrayantes sont alors balayées par de nombreuses respirations. Les choses sont posées simplement, la photographie en noir et blanc protège, les rires rassurent, la vie continue.
http://www.youtube.com/watch?v=7SH9jnhVz5Y

 

Il est prêt à naître / Esta a punto de nacer

Posted in Artículos / Articles, Proyectos/ Projets, Temas del día, Video on octubre 21, 2014 by marie

Voilà deux ans que Pau et moi nous nous sommes rendus en Slovaquie pour filmer le groupe Kesaj Tchavé. Pendant 5 semaines: 2 dans la ville de Kezmarok et ses environs, et 3 semaines de tournée estivale dans le sud de la France, nous les avons suivi caméras en main.

Les Kesaj Tchavé ce sont une quarantaine d´enfants tsiganes qui vivent près des Tatras. Ivan et Helena les font répéter plusieurs fois par semaine  ce qui engendre de nombreux voyages  d´un village à un autre. Quand ils peuvent caller des résidences, des concerts ou festival, ils partent en tournée pour plusieurs semaines.

Les enfants ont entre 4 et 20 ans, nous ne comprenons pas leur langue, ils ne comprennent pas la nôtre.

Leurs conditions de vie en Slovaquie sont plus que précaires. Très tôt Ivan nous pousse à filmer mais ce n´est pas évident de filmer la misère quand on arrive…

Mais au bout de 2 jours nous voilà propulsés au rythme de leurs chants. Leur énergie est débordante, les filmer chanter et danser dans leur local de 20 m2 est totalement enivrant !

Ces enfants ont la niaque! Les 32 heures de trajet qu´on partage avec eux pour arriver jusqu´en France sont remplis de musique, de rire, de jeux. Certains se sont habitués à notre présence d´autres sont agacés, mais petit à petit nous aussi on fait partie de la bande.

C´est nous qui gênons le public lorsque ce dernier voudrait voir le groupe en premier plan ! C´est nous qui filmons ce même public ! Nous sommes toujours là : quand ils mangent, dorment, se baignent, s´engueulent, se marrent. Nous sommes avec eux non stop et c´est fort.

Nous nous attachons très vite aux deux jeunes frères Yacub et Matej, l´un est réservé l´autre est toujours là où il ne faut pas ! Sur scène, ils font la paire, voix portantes, amour de la musique, leur “romareeeeee” nous donnent des frissons. Pendant la tournée d´autres enfants roms rejoignent le groupe, Jenika, Mc Clash, Spartacus et Cassandra. Ils parlent français ce qui nous aide à nous rapprocher des enfants. En plus Spartacus nous aide, il est frais, curieux et gentil nous sommes ravis!

Après Montpellier, les Cévennes, l´Aveyron, on se dirige vers Lourdes. Là  la foi les porte d´un hôtel d´autoroute, d´une salle de boxe à une résidence été de l´EDF ! Ils voient la mer, captivés, ils s´y plongent.

Ils donnent tous les jours et à tout le monde. Ils jouent dans la rue, sur une scène, dans une maison de retraite, sur une aire d´accueil des gens du voyage. L´effet est toujours le même : le public est conquis ! Sous le soleil de l´été, malgré la fatigue les joies s´enchaînent.

Tout cela fait un peu oublier le retour où les issues pour ces enfants sont très limitées : souvent parents très jeunes, ils doivent survivre.

Mais pour l´instant cet été 2012 leur cœur battait la musique en faisant résonner les nôtres.

2 ans plus tard le film voit enfin le jour, 1h15 pour vous raconter toute cette expérience, vous plonger avec ces enfants.

Le travail de post-production est à faire mais déjà c´est pour moi un sacré grand pas !  7 disques durs, des cahiers, de nombreux cafés et voyages, des bouts de papier collés au mur, des heures de conversation, des rires et des larmes… bref un bout de vie !

Un immense merci à Ivan, Helena et les Kesaj Tchave pour nous avoir ouvert leurs portes des locaux de répet, de la kangoo rouge, du bus conduit par deux personnages, de leur confiance, de leur soutien et de leur patience ! Merci à ces enfants pour leur profonde sincérité, spontanéité et leur envie de dévorer le monde.

Merci à toi Pau pour ne jamais avoir baissé les bras et pour avoir réalisé ce beau documentaire.

Merci aux proches pour toujours nous demander où ça en était et aux gens rencontrés sur la route.

En attendant de vous montrer le film… quelques images prises au vidéo projecteur du documentaire « Kesaj Tchavé, les enfants de la fée tsigane » !

 

Hace dos anos que Pau y yo fuimos a Eslovaquia para grabar al grupo Kesaj Tchavé. Durante 5 semanas les seguimos con cameras a mano: al principio con 2 en la ciudad de Kezmarok y sus alrededores, y luego con 3 en la gira de verano en el sur de Francia.

Los Kesaj Tchavé son unos 40 niños gitanos que viven cerca de los Tatras. Ivan y Helena les hacen ensayar varias veces a lo largo de la semana lo que genera muchos viajes de un pueblo a otro. Cuando pueden organizan residencias, conciertos y se van de gira durante varias semanas.

Los niños tienen entre 4 y 20 años, no entendemos su idioma y mucho menos entienden la nuestra.

Sus condiciones de vida en Eslovaquia son muy precarias. Muy pronto Ivan nos empuja a que grabamos, pero grabar la miseria cuando apenas uno llega, no es tan fácil…

A largo de 2 días estamos totalmente propulsados al ritmo de sus canciones, su energía es increíble, grabarles cantando y bailando en su pequeño local de 20 m2 es enloquecedor.

Estos niños son muy pilas! Las 32 horas de viaje que compartimos con ellos para llegar a Francia estuvieron llenas de música, risas y juegos. Algunos ya se han acostumbrados a nuestra presencia, pero a otros aun les molesta, poco a poco vamos formando parte de la banda.

Somos nosotros que comenzamos a molestar al público ya que nosotros estamos situados adelante buscando el primer plano! pero somos nosotros también que grabamos a este mismo publico! al final estamos en todas partes con ellos: cuando comen, cuando duermen, cuando se bañan, gritan, ríen, la sensación es muy fuerte.

Muy pronto seguimos a los dos hermanos Yacub y Matej, uno es tímido y el otro es todo lo contrario siempre esta donde no hay que estar! En el espectáculo ellos son totalmente complementarios, sus voces fuertes, su amor a la música, su « romareeee » nos estremece y nos hace poner la piel de gallina. Durante la gira otros niños gitanos se juntan al grupo: Jenika, Mc Clash, Spartacus y Cassandra. Hablan francés y nos ayudan a acercarnos más a los demás, Spartacus un chico muy simpático nos « asiste » y fácilmente se interesa por todo, estamos encantados!

Después Montpellier, les Cévennes, Aveyron, nos dirigimos hacia Lourdes. Allí la fé misma les lleva de un hotel de autopista, de una sala de boxeo a una residencia de verano. De pronto ven al mar, atrapados por el encanto, se meten a él sin pensarlo.

Los días van pasando y van tocando y bailando en todas partes. Tocan en la calle, en un escenario, en una casa de jubilados, en una parada para gitanos. El impacto que ocasionan sobre el público es siempre el mismo! Da igual bajo el sol o pesar del cansancio las alegrías se suceden.

Todo esto hace olvidar un poco la vuelta donde las salidas para estos niños son muy limitadas, muy a menudo se vuelven padres muy jóvenes y luego deben sobrevivir en la realidad.

Pero de momento ese veranos 2012 sus corazones daban el ritmo haciendo sonar la música en los nuestros.

2 años más tarde el documental finalmente se está naciendo! 1h15 para contar toda esta experiencia y haceros entrar en el mundo de estos niños.

El trabajo de post producción aun queda por hacer pero ya para mi es una etapa muy grande! 7 discos duros, cuadernos, numerosos cafés y viajes, pedacitos de papeles pegados en la pared, horas de conversa, risas y lagrimas… total… un trozo de vida!

Muchas gracias a Ivan, Helena y los Kesaj Tchavé por abrirnos las puertas de sus locales de ensayo, de la kangoo roja, del bus, de su confianza, de su apoyo y su paciencia! Gracias a los niños por su profunda sinceridad, espontaneidad y sus ganas de comerse el mundo.

Gracias a ti Pau por no bajar los brazos nunca (y mirar al cielo) y por haber hecho este bello documental.

Gracias a los amigos por siempre preguntar en donde estábamos con el proyecto, y a la gente encontrada en el camino.

Hasta que se finaliza el docu, os dejo unas imágenes tomadas de la proyección del documental « Kesaj Tchavé, los niños de la hada gitana ».

C´est la fin…

Posted in Artículos / Articles, Cine, Escritura / Ecriture, Temas del día on diciembre 8, 2012 by marie

Fin du Festival EntreVues… je laisse ici mon dernier article publié dans le journal, les autres concernant les films en compétition sont disponibles ici.

Surfing on

a rocket

 

Que garderez-vous de cette 27e édition du Festival EntreVues ? A quel moment vos yeux ont été le plus éblouis ? Avez-vous ri ? Avez-vous pleuré ? Un peu, beaucoup, passionnément ?

Les lumières s’éteignent bientôt… et pourtant derrière les portes de secours et au travers des fenêtres de Cinémas d’aujourd’hui, toute une équipe qui vous voit quitter le cinéma, qui bientôt reprendra aussi sa route, et qui se demande déjà en secret ce que sera EntreVues l’an prochain. Avec les quarante bénévoles, nous aurons été une centaine durant ces neuf jours à faire en sorte que ceux-ci soient pour vous « 9 jours de plaisir, d’émotions et de rencontres autour du cinéma ». Alors excusez-moi si je plagie notre belle carte postale mais c’est normal, je travaille à la communication et recherche du public, donc nos phrases choc, je les connais, je les répète et je les vis. Inutile de vous convaincre à présent de venir au cinéma : si vous me lisez c’est que vous y êtes déjà ; je préfèrerais plutôt vous dire comment c’est derrière, en coulisses, avec ceux qui ont ces badges marrons et bleus.

Pour mettre sur pied cette fusée EntreVues, plusieurs corps de métiers évidemment… les étoiles ne s’atteignent pas si facilement ! Tout d’abord il y a ceux qui choisissent quelles seront les étoiles à atteindre; ça c’est la mission de la direction artistique et de ses sélectionneurs, qui y réfléchissent toute l’année. Ensuite il y a ceux qui établissent précisément la route à suivre, depuis l’organisation générale et la régie, et il faut bien définir le voyage sinon c’est la cata ! Bien sûr il y a aussi tous ceux qui construisent la fusée et l’habitent avec vous. Pour sa construction, de nombreux paramètres rentrent en compte : la matière, la capacité, la vitesse. La matière au sens propre c’est soit du DCP (format numérique sur disque dur) soit de la belle pellicule en 16 ou 35 mn (hélas plus pour longtemps), puis quelques dvd, parfois pour remplacer les copies perdues par DHL, quelque part en Allemagne.

La capacité est E-NOR-ME ! Des tous petits en maternelle, à peine visibles dans leur fauteuil trop grand aux seniors venus seuls ou en groupe, on accueille tout le monde et même les zombies sont cordialement invités! La vitesse, c’est à vous de voir, vous pouvez venir une fois et atteindre du premier coup les étoiles, vous pouvez avoir envie de voyager non stop avec nous, nous proposons en moyenne 20 destinations par jour, la formule est libre, à voir avec Nathalie et Lucie en billetterie.

Le lancement officiel c’était samedi dernier, 20 heures, salle 7. Nous avions eu certes une belle avant-première mais là nous étions au complet, prêts à observer notre terre s’éloigner doucement, Jean-Pierre Mocky aux commandes.

« Noir comme le souvenir ».

Rouge comme la passion.

Et quelle passion que le cinéma, et quelle mobilisation humaine demande un festival comme EntreVues !

Ce que j’aime le plus dans l’équipe c’est bien notre diversité, en termes de provenance et de caractère. Des projectionnistes venus du Cantal, de Marseille ou de Sochaux, des gens du coin avec ou sans enfants, des jeunes et des moins jeunes, des gens méthodiques, des bavards, des timides, des souriants, des moins souriants, ceux de la capitale et même do Portugal : EntreVues c’est aussi une famille, dont certains membres se voient tout le temps et d’autres ne se croisent qu’aux réunions familiales.

Le décollage s’est bien passé et à vrai dire tout est allé très vite. Même si nous avions des moments de stress et de tension, le festival c’est aussi du bonheur en coulisses. Personnellement je retiens l’image des visages de mes collègues, debout au fond des salles de projection. Tous ceux qui restaient ne serait-ce que quelques minutes, pour voir le début du film, le temps que les images inondent nos visages et notre cœur de la fierté d’avoir contribué quelque part et à un moment donné à ce grand voyage. Dans la journée il y avait parfois des moments de partage à la dérobée et le soir bien sûr de grands moments on the dance floor. Je me souviendrai aussi du rouge sur nos joues le matin lorsque nous arrivions au bureau, et heureusement des croissants et du café préparé avec soin par Claire pour nous réchauffer. Là, on attaquait le déroulé de la journée, qui fait quoi où quand et comment, et « sur ce, bonne journée à tous ». Alors un grand merci à tous les membres de l’équipe, qui accueille les nouveaux arrivants comme les grands habitués, et un merci particulier à Martine qui part bientôt à la retraite, merci pour ta gentillesse quotidienne.

Enfin merci à vous d’être venus si nombreux, et « sur ce, bonne journée à tous… et à l’année prochaine ! »

 

 

Interview de Charlie Winston

Posted in Artículos / Articles, Entrevistas/ Interviews, Musica / Musique on julio 16, 2010 by marie

En concierto mañana en Barcelona durante el festival LA CRUILLA (http://www.cruillabarcelona.com) el cantante Charlie Winston contestó a unas preguntas (también disponible en francés en el próximo número de Sans Visa). Antes de leerla les aconsejo poner PLAY.

En concert demain à Barcelone dans le cadre du festival LA CRUILLA (http://www.cruillabarcelona.com/) le chanteur Charlie Winston répond à quelques questions… (ITV aussi disponible en français dans le prochain Sans Visa). Avant de lire l´ITV je vous conseille de mettre PLAY.


Well first of all “nice to meet you” Charlie. How are you?

Very well thank you

Where are you right now (right now= june 2010)?

My apartment in Paris

Here In Barcelona the sun is a little shy today and did not go out too much, you will be here in a few weeks… first concerts in Spain?

No. My band and I played in Spain a month ago, first in Madrid in a club, then we went to WOMAD, in Caseres. It hammered with Rain all night. We did the best ewr could to keep the audience with us

You may have a lot of things to do right now or maybe you want to be relax so I will be try to order my questions…

Influences, your formation… your way of life until now

Well, I have spent a lot of time on the road, like a hobo. I have played a lot of concerts in the past year and a half, mostly in France but this year it has begun to branch out to the rest of Europe

You grew up in a very musical family, isn´t it hard to build your own musical identity without being too much influenced? How was your process?

Not really. I have quite a strong personality and a furious passion to express myself through, not only music, but art in all its manifestations and mediums. My family have only ever been a support of that

Have you first been attracted by the composition?

Yes. Ultimately, I think I am a composer. I have always thought in that way

When did you touch an instrument for the first time? Which was it? What was your feeling?

Singing, I suppose. My parents sung, so I sang with them. When I was eight, they gave me drums for my birthday so you could say that was my first (external) instrument

You have been studied very young and you have already worked in very differents projects from shows or movie´s music as a composer,  to musician and singer.. do you have a music vocation since always?

As I said, my parents were playing music since I was born so the world and influence of music was something that I didn’t even question as being something I could have past of my life. I was always imperative to living

Or can we see you maybe in 10 years expressing as a dancer or an actor?

I’m already doing that – even if it’s just on stage in my show, or in my music videos, I want to incorporate these other arts too. At some point, I would like to focus on them in a more concentrated form too, however

You, your creation and the public

What do you do when you don´t play music?

Read books, watch movies, see friends and family, write, swim, cycle, walk.

What part of Chaplin are you what part of Churchill are you?

Chaplin – the clown

Churchill – the clown

How could you define your music?

In too many ways. I prefer to leave that to the journalists

What are you looking for with your public?

Shepherd’s – not sheep

What is the stronger between creating emotions for the others or living the emotion of creating?

Projects

What are your projects for the future?

I will be writing music for film, recording more records as myself and in other projects. I would also like to write for orchestra, act, dance, make art and spend a long time just practising piano, like I did when I was in university.

You know Ben Edwards for a while now, how is the collaboration? Are you complementary in a way?

He is a great musician and friend. He is completely dedicated to his music. He never stops practising something, whether it be harmonica, dulcimar, flute, piano, percussion. He is obsessed.

Bonus : Which song of Ray Charles is your favorite? Do you play chess?

I got a woman

Not much these days but I do love it

Une envie de soleil en bord de plage ?

Posted in Artículos / Articles, Entrevistas/ Interviews, Musica / Musique on mayo 20, 2010 by marie

Rencontre avec Butano Bazaar.

Septembre 2002, “¡Butano! ¡Butano!” crie-t-on dans les ruelles du Raval.

Ce cri ne tombera pas dans l’oreille d´un sourd, mais dans celles d´Amaury, parisien immigré à Barcelone qui l´utilisera pour nommer le duo musical qu´il forme en 2006 avec Noemí.

De part son caractère cosmopolite grandissant lié à l´intégration de musiciens d´ici et là-bas, le suffixe « Bazaar » deviendra vite obligatoire.

Butano Bazaar bonjour !

Alors BB est effectivement à la base un duo, plus précisément un de ces couples qu´on voit dans les films, plus équilibrés que le ying et le yang et générant une créativité musicale savoureuse.

Honneur aux dames…on commence avec Noemí, madrilène, de formation classique (6 ans au piano), dotée d´une parfaite connaissance du solfège. Dans le groupe elle chante, contrôle l´harmonie et joue de l´accordéon, instrument qu´elle a d´ailleurs appris en autodidacte sur un de ces accordéons jouet. Elle dispose d’une ample expérience musicale composée notamment  d’un flirt avec le punk durant son adolescence madrilène, et d´un travail vocal qui apporte à présent toute une douceur aux textes.

A ses côtés Amaury, qui écrit la plupart de ces derniers, chante et joue de la guitare. Il recherche le timbre du son, et joue comme il le sent. Si spontané que ses accords sans noms posent parfois des soucis d´accompagnement à Noemí qui doit alors regarder sur le manche pour savoir où sont placés ses doigts.

Ils se présentent en croisés et très naturellement.

Puis la mer qui les unit, qui berce ce bel ensemble et amène sur sa plage en 2007, 2 musiciens supplémentaires, avec chacun un apport particulier.

Owen du Canada, le bassiste, est l´oreille du groupe. Il est le côté électro, étant le seul branché, il donne à l´ensemble acoustique un côté plus « freaky ».

Enfin pour donner encore plus de « caña » au groupe, Rodrigo avec sa batterie faite maison permet aussi un espace à la danse. Un joli mélange donc pour tous les goûts, qui seront au Freak festival ce 21 mai à La Ovella Negra

Pour plus de son :

http://www.myspace.com/butanobazaar

Et pour plus d´infos et de recettes de cuisine:

http://butanobazaar.org/

Plus qu´une réponse, une expérience

Posted in Artículos / Articles, Teatro/Théâtre on mayo 19, 2010 by marie

Lorsqu´on écoute le tableau “Ceci n´est pas une pipe” de Magritte on s´interroge alors sur la nomination de l´objet, le mot et son concept en soi.

Lorsqu´on goute le  monologue de Juliette “Une rose sentirait-elle aussi bon si elle ne s´appellerait pas une rose?” on questionne alors sur ce que la nomination de l´objet connote sur nos sens,  et sur ce que nos sens véhiculent sur ces mots.

Alors lorsqu´on pousse la réflexion un peu plus loin et qu´on se demande comment ces sens s´expriment et quelle est la forme de leur langage, c´est qu´on est au cœur d ´une performance de la compagnie « El teatro de los sentidos ».

On y va ?

5 sens donc 5 mots pour comprendre EL TEATRO DE LOS SENTIDOS.

Les habitants

Tout part d´un homme, Enrique Vargas. C´est qui a fondé le premier groupe d´habitants en Colombie à l´Université Nationale de Bogota et depuis le projet s´est développé à Barcelone mais aussi en Italie, Hollande et Danemark.

Son idée il avait déjà bien claire depuis tout petit, quand tout le monde le croyant endormi, lui s´amusait à se cacher et à épier les autres, ces grands adultes encore éveillés. Ne pouvant pas avoir face à lui les protagonistes au risque de se faire découvrir, ce sont par conséquent les ombres qui lui racontaient toute l´histoire.

Il commença alors à se demander comment une histoire pouvait être racontée.  Qu´est ce que le jeu permettait dans cette narration ?

Des années plus tard il se forma comme anthropologue et ce sont ceux des Indigènes qu´il observa, leurs rituels, traditions, et leurs mythes.

Les membres de la compagnie sont au nombre variable entre 8 et 20 et viennent de toute part. Ils ne s´appellent pas acteurs mais habitants car ils préfèrent habiter les espaces entre Montjuic, Copenhague, Italie entre autre, où ils invitent à un grand questionnement, celui des sens et son langage.

L´espace

Les habitants interviennent dans un espace, ils l´habitent et le déshabitent et le mettent au cœur de leur recherche. L´espace est en effet la condition de base à l´exploration du langage des sens. C´est lui qui permet l´important jeu du questionnement par des mises en scènes propices à la mise en situation directe du spectateur. Ainsi dès son entrée celui-ci devient protagoniste et est cordialement invité, lui aussi, à s´interroger. Il n´est pas obligé, la compagnie n´a d´ailleurs aucune réponse à lui fournir, ce qu´elle désire lui transmettre c´est l´expérience. Le fait en soi de se poser la question est l´art du langage des sens. On en ressort transformé.

Le langage

Les habitants explorent donc dans un espace un langage, un langage connu, mais dans une perspective différente. Le travail qui se fait depuis des années par cette compagnie, en spectacle, en ateliers, avec ou sans public, est une recherche sur le sens des sens. Comment peut on sentir par le genou ? Comment peut-on voir par l´oreille ? Comment peut on écouter avec la langue ?…

Le langage est travaillé à partir d´un thème (un des derniers fut la ville) qui sert de point de départ aux questions.

L´expérience

Ces questions les amènent donc à vivre une expérience dans laquelle ils remettent en cause les pratiques habituelles liées au sens (voir avec les yeux, écouter avec les oreilles) et ce non pas dans l´espoir d´une réponse claire mais dans celui d´une transformation. L´expérience du jeu est donc libératrice d´une inquiétude celle d´exprimer un langage plus poussé de nos sens.

Ce jeu est souvent basé sur l´observation au départ, la mise en situation et l´improvisation. L´intérêt est qu´il ouvre une porte sur un terrain de jeu nouveau, que chacun peut découvrir selon son ressenti, car il a vécu ce jeu dans cet espace l´habitant a changé quelque chose en lui, il a exploré un sens dans un autre contexte et de cette expérience il en ressort un enrichissement personnel plus satisfaisant que quelconque réponse préconçue.

L´œuvre

Pour vivre l´expérience avec le Teatro de los Sentidos et apprécier leur œuvre plusieurs possibilités : une première ponctuelle , aller à une représentation, et une autre plus complète qui est de suivre un cycle.

Le cycle est un bon moyen de commencer ce travail de recherche et comprendre ce jeu des sesn. Il se fait sur 4 week-ends au printemps et en hiver  (un intensif de 10 jours est donné en été) et se structure en 4 blocs :

–       l´introduction au langage sensoriel,

–       laboratoire d´approfondissement,

–       poétiques des sens,

–       les jeux dramaturgiques.

De plus il est possible d´effectuer un diplôme de « postgrado » sur toute l´année scolaire réalisé en partenariat avec l´Université de Gironne.

Au niveau des représentations, n´hésitez pas à consultez l´agenda sur leur site : http://www.teatrodelossentidos.com/eo/index.php.

Une expérience unique garantie !

7 pierres pour la femme adultère

Posted in Artículos / Articles on abril 26, 2010 by marie

Excellent roman que nous propose l´écrivain franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata « Sept pierres pour la femme adultère » aux éditions Folio.
C´est avec une narration prenante que ce livre dresse le portrait de 3 femmes de caractère. Elles se retrouvent liées dans un contexte social difficile et incertain condamnées à partager leur malheur durant quelques mois.

Tout d´abord il y a « L´étrangère » fraichement débarquée à Khoof en tant que bénévole. C´est elle qui s´adresse au lecteur en le tutoyant.
Ainsi elle lui fait vivre son histoire comme un acteur mis en scène dans ce petit village lointain et inconnu. Le lecteur est au début inquiet et perdu sur ces terres arides mais le naturel de l´auteur lui permet de faire supporter le tragique, voir même d´en rire, ce qui a le don de captiver le lecteur pris jusqu´au dernier mot.

Elle est venue seule enfin pas vraiment…dans ses valises : la photo de son chat décédé, et le souvenir amer d´un amant marié.

À ses côtés travaille Amina, une femme d´ici, c´est elle qui s´occupe de nettoyer les locaux de l´association tout en « soulageant » de temps en temps Gonzagues, autre bénévole.

Ces deux femmes se prennent rapidement d´affection  pour Noor, rejetée depuis peu pour cause d´adultère. Un soir alors qu´elle cherchait son chat –tiens un autre-, elle se laissa raccompagnée par l´étranger à la jeep noire, celui qui travaille au barrage dans la vallée, là bas après la montagne.

Ce petit voyage lui coûtera cher car les lois sont strictes à Khoof, le verdict : la lapidation. Mais face à elles l´étrangère compte bien se battre pour sauver son amie. Sa volonté sera-t-elle aussi grande que son pouvoir ?