Archive for the Video Category

CARGOFEVER

Posted in Escritura / Ecriture, Video on diciembre 21, 2018 by marie

CARGOFEVER 1/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #1 : “Dans le gris, des couleurs”

Lundi 13 août

Cette année j’ai réalisé mon rêve : celui de voyager en cargo.
J’ai choisi une formule légère : 6 jours, de Dunkerque à Dunkerque en passant par Tilbury, Anvers et Vlissigen.
Je l’ai accompagné d’un sac bien rempli : caméra, appareil photo, musique, podcasts, livres, films et j’ai fait le grand saut.
La veille de mon départ alors que j’étais entourée d’arbres sur un festival de musique picard avec des proches… picards, l’un d’eux me fit remarquer l’étrangeté de mon voyage en me questionnant sur le choix de ce type de bateau, les conteneurs représentant la mondialisation et donc -je caricature légèrement – l’ennemi. Il aurait d’avantage approuvé -je pense- un voyage sur un voilier.
Ne sachant pas trop expliquer ma “passion visuelle” pour les conteneurs, les grues, les cargos -et tant qu’à y être les trains, les silos, les usines de pétrochimie et tout ce qui est en métal et cylindrique (amis freudiens…)-, ce n’était pas la première fois que je restais sans réponse claire.
Du coup cette remarque m’accompagna tout le trajet jusqu’au port pour la bonne raison que je ne m’étais pas poser la question sous cet angle :
et si mon voyage n’était pas raccord avec l’éthique ?
C’est vrai après tout, cet ami avait raison, si on s’intéresse à l’histoire des conteneurs cette invention de Mc Lean en modifiant les possibilités de production et donc de consommation, n’y est pas pour rien dans ce dérèglement où tout se sur-consomme, sans besoin, avec crédit, pour un oui pour un non.
(Au passage le bon vieux Lean est devenu richissime très vite mais meurt ruiné et dans l’anonymat total car il avait oublié de breveter sa boite magique!
Ahlala, la vie est une chienne…)
Bref, dans le conteneur on y met de tout, le métal ne coute rien, on le transporte partout de la même façon donc en grande quantité, reste à choisir l’incoterm EXW/FOB qui va bien pour savoir qui prend en charge quoi.
On peut alors aller récupérer la pièce A en Chine pour l’assembler avec B qui vient d’Argentine et y rajouter C en Allemagne et le consommer aux Etats-Unis pour trois fois rien. La révolution du transport a engendré des modes de consommation différents allant bien sûr jusqu’à changer nos modes de vie. Payer moins cher ça ne dérange pas trop la société par contre comme toujours on se rend compte un peu tard que le prix à payer en terme de pollution de ces bêtes de transport est lourd, très très lourd.
En ce sens on est bien loin de l’AMAP et du covoit’ citoyen mais de nos jours, qui ne possède rien venant d’un conteneur?
Malheureusement le problème nous échappe, même les gars travaillant sur ce cargo ne savent pas qu’est ce qu’ils transportent !
Donc j’avais effectivement pas pensé à cette notion de “ce qui est correct”, m’intéressant d’avantage à l’expérience, à la découverte de ce monde à bord et de ses gens. J’aurais peut-être dû, mais je ne serais peut-être pas là aujourd’hui.
Se rapprochant de notre premier arrêt Tilbury, je vois tout ce gris de fumée qui s’échappe des usines proches du port.
Va savoir pourquoi j’aime les conteneurs ?
Peut-être que derrière cette froideur apparente et ce constat désolant, il y a des choix de vies, des hommes de toute part qui pour servir nos petits caprices, s’éloignent de leurs proches, vivent sur le fil de l’eau, connaissent la mer et cet engin aussi passionnant que paradoxal qu’est le cargo.
Peut-être que sous ce gris plombant des nuages marins mélangés aux fumées toxiques, le rouge et le bleu qui colorent les façades métalliques des conteneurs m’attrapent l’oeil, le capturent, l’impressionnent. La sensation d’être dans une partie de tétris grandeur nature sans l’aspect game over. Bien au contraire en y rajoutant la mer omniprésente, le bleu gagne haut la main le passionnel rouge feu, et m’offre l’instant du voyage, une tranquillité à part et un sage horizon qui m’emporte bien loin.

 

CARGOFEVER 2/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #2 : “Les habitants de l’ogre de métal”

Vendredi 17 août

Ils sont là à tout moment : le “crew”, personnel philippin, les “officers”, officiers roumains à s’animer à l’approche du port. Monté plus en amont du courant, un pilote venant du port d’arrivée va les aider pour atteindre le quai. Courants, bancs de sable, zones à éviter, tout est anticipé, dessiné, mis sur logiciel, cartes, tableaux et feuilles de route.
Pas la moindre erreur n’est possible, trop d’argent en jeu, il faut aller vite, très vite.
Seulement le cargo n’est pas un bateau rapide, il est lourd, il est imposant, il se déplace tout doucement. Pour le mettre en marche des machines sur-puissantes se cachent dans ses entrailles et beaucoup trop de fioul est nécessaire pour démarrer son coeur.
Enfin, le monstre se réveille et avance bras grand ouverts vers des grues qui n’attendent que lui. Tentacules greffées le temps d’un câlin fusionnant de métaux diverses, autour d’eux, d’étranges véhicules aux embouts clignotants accompagnent les retrouvailles.
Semblable à un ballet mécanique, le chargement et déchargement des conteneurs est captivant, incessant, bruyant.
Les heures passent et nous sommes toujours à quai.
Quel paradoxe curieux de se retrouver immobiles sur un bateau. Mes compagnons de route, un couple de passagers normands absolument charmants, et moi-même s’inventent une routine. L’équipage ne comprend pas pourquoi on ne fait pas une croisière normale…
C’est une question de point de vue, moi, je me sens bien sur mon ogre, telle une puce qui se perd dans ses poils, j’explore son corps afin d’en saisir un peu les contours.
Mon pauvre ogre ne me parle pas. Il fait peur aux gens mais en fait c’est une marionnette, à sa tête, le metteur en scène du spectacle doit être bien loin, en croisière aux Bahamas, peut-être.
Mais mon ogre n’est pas seul, il est habité, habité par des fourmis, qui mangent à sa gauche, par des cigales qui mangent à sa droite. La cigale capitaine chante bien, je ne peux pas lui en vouloir de jouer du côté des cols blancs, j’y suis aussi, pas à sa table certes, mais pas loin. Elle nous ouvre toutes ses portes c’est déjà ça.
Les fourmis quant à elles, nous sourient, s’assurent qu’on ait un casque, du schweppes dans notre minifrigo, et nous invitent au karaoké.
A quai, la cigale et la fourmi branchent le processus d’alimentation de mon ogre et d’autres fourmis du port viendront s’en charger. L’ogre n’a peut-être pas faim mais on va bien lui remplir la panse. Il engloutira toute la journée des conteneurs, qu’il régurgitera ailleurs dans un autre port, avant d’être à nouveau rassasié.
Pauvre barque qui de part son surcroit hormonal, est condamnée à la perpétuelle situation de boulimie anorexique.
Carcasse de métal qui abrite en son sein des vies, qui s’éloignent d’autres vies, pendant des mois, pour un meilleur salaire ou par addiction à la sainte mer…
Allé…encore une petite bouchée d’acier.

CARGOFEVER 3/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #3 : “Mouvement ascendant”

Septembre 2018

Observation de ce flot berçant, brillant, vivant.
des lignes au loin qui se confondent
et des lumières qui pourraient être l’enfer ou le paradis,

état de réveil permanent,
comme des pulsations cardiaques,
rythmique et mathématiques invitées,
tout est une question de point de vue.

Du cargo on regarde tout du ponton, le lieu le plus haut du bateau,
alors…prendre de la hauteur n’a jamais eu autant de sens,
un peu plus, on se sentirait important,
la fumée se transforme en nuage où rebondissent pensées et rêves les plus fous
les vagues montagnes enneigées,
montent et descendent,
la mer, masse prête à jaillir,
fuse telle un volcan,

et se contient,

à sa surface, elle nous retient en vie,
sur les épaules de l’ogre de métal,
absorbés par ce spectacle de l’horizon,
on ne tombera pas,
non on ne tombera pas.

Le bourreau amoureux

Posted in Video on julio 12, 2018 by marie

Stop-motion fait maison !!

Pluie de mai

Posted in Video on mayo 22, 2016 by marie

J’avais pas grand chose à dire, mais, des images en stock, un dimanche pluvieux, l’envie d’écouter une chanson en boucle…

Mexico

Posted in Video on noviembre 12, 2015 by marie

Boum !

Posted in Musica / Musique, Video on noviembre 11, 2015 by marie

5,7 kms

Posted in Escritura / Ecriture, Musica / Musique, Video on noviembre 2, 2015 by marie

A chaque visite, annuelle ou biannuelle, en été ou en hiver, seule ou accompagnée, pour 2 jours ou 2 semaines ; à chaque visite, je prends cette route.

Je n’ai pas besoin de régler le fauteuil, ma mère est petite et moi j’aime être proche des pédales, le rendu auto est raccord, je démarre.

Je longe le cours d’eau,

Je visualise le coin où on campait,

Je remarque les feuilles dorées, leur ombre se dessine sur la rivière.

La route est sinueuse,

Je roule sur ses courbes et m’enfonce dans les travers montagneux.

L’eau et moi, nous nous faisons la course.

Je la traverse par le pont et m’approche de la ville minière.

Un passage d’une trentaine de kilomètres familiers s’annonce,

5,7 d’entre eux relient A à B.

J’ai parcouru ce bout de route des milliers de fois.

Un grand laps de temps est retenu dans cette courte distance,

A l’inverse des milliers de kilomètres se consomment en quelques heures.

Face au chamboule tout qui agite ma tête,

Les mains sur le volant, je me prends à rêver.

J’imagine que j’effleure la route,

Je suis à 10 centimètres du sol,

Le tracé de l’asphalte passe du plomb au gris, du gris à l’argenté.

Je me charge du soleil qui cogne et profite de la ligne droite pour prendre de la vitesse.

Je dépasse ma voiture,

Je dépasse ma vie.

Je rêve que je décolle,

Je m’élève dans les airs et m’approche du soleil.

Puis, 10 kms plus tard, je dois tourner à gauche.

La route me mène chez Hélène, le frein à main marque la pause.

Chez Hélène on est bien,

Le feu de cheminée est allumé, j’entre pour me réchauffer,

En 1 seconde le besoin de rêver s’est éloigné.

///

Il y a 3 ans, je venais de parcourir plus de 200 kms au Brésil, je prenais le train pour le sud. J’écoutais la musique de mon ami Laurent Mayanobe, je filmais les kilomètres qui défilaient devant moi.

“des kilomètres de nuit noire, de soleil levant…”

Le duo d’animation de choc : Felicioli & Gagnol

Posted in Cine, Escritura / Ecriture, Video on octubre 31, 2015 by marie

Connus pour avoir réalisé “Une vie de chat” et plus récemment “Phantom Boy” les deux créateurs français travaillent depuis longtemps ensembles. Alain Gagnol, le scénariste (également auteur de romans), apporte un univers sombre et angoissant, Jean-Loup Felicioli y greffe son monde coloré aux courbes surprenantes rappelant Modigliani. Peuplés de références polar, comics, leurs courts surprennent et enchantent. Après avoir assisté à une “masterclass” où ils expliquaient leur travail à 4 mains (vaste réseau de va et vient entre leurs deux univers), j’ai découvert avec joie leur processus de fabrication, leur “made in France” qui est doté d’un grand sens de rigueur et d’une excellente technique.

Leurs courts-métrages pour adultes sont “à ne pas louper”.

Le couloir, 2005

L’égoïste, 1995

Les tragédies minuscules (série de 10 épisodes), 1998