Archive for the Escritura / Ecriture Category

Fermez bien vos gueules !

Posted in Escritura / Ecriture on junio 15, 2020 by marie

Post-César, samedi 29 février 2020, 2h30.

Les médias parlent de corona dans l’Oise, il a fait un temps mitigé, journée de reprise au boulot mais je m’en fou, moi ce soir : j’ai César.

Oui, je m’en faisais une fête de cette cérémonie…C’est mon amie Bubu qui m’y avait initié : plateau-repas, pronostics, attente, suspense, accord, désaccord.
Cette année un très beau cru avec mon chouchou « Papicha », le bouleversant « J’ai perdu mon corps », le très beau film de Céline Sciamma « Portrait d’une jeune fille en feu », les films nécessaires comme « Les misérables », « Hors normes»… j’avais loupé « Roubaix, une lumière » et d’autres bien salués mais j’étais contente de retrouver « Parasite » et  « La cordillère des andes » à laquelle j’avais assisté à Cannes avec Patricio Guzman.

Ce soir c’était donc César !!
En simultanée sur whatsap avec des potes à Lyon, Paris, Bordeaux et dans le sud : c’était presque l’évènement de l’année. Florence Foresti s’en est très bien sortie dès le départ : elle a pris les problèmes à bras le corps, la polémique Polanski en frontal, dignement, et elle nous a fait rire.
Bien sûr il y a eu des loupés, des trucs longs, malaisants… mais il s’en ait dit des choses sur les injustices du cinéma et les injustices humaines.
La soirée était plutôt excitante après que mon chouchou ait eu le  césar du meilleur premier film et du meilleur espoir féminin j’étais plutôt rassurée, malgré l’absence de Adèle Haenel pour le césar de meilleure actrice je m’attendais encore à un final joyeux et puis là : moment tragique.
Violence du tournant des évènements, plus profond qu’une déception, un sentiment échec.

Alors je ne parle jamais de politique, mais en fait vu que je bosse dans un cinéma mono-écran, qui plus est, dans un quartier populaire pas loin d’un multiplex, dans une association avec une salle de concert de musiques actuelles et des actions transversales, au final je fais des choix politiques.
Il y a quelques mois, j’ai décidé de ne pas passer le dernier film de Polanski lorsque nous avons dû annuler la venue d’un groupe de rap sur demande d’un partenaire financier.
Je ne doutais pas des qualités du film, j’avais aimé « La vénus à la fourrure », « Tess » évidemment ; je ne doutais pas que Jean Dujardin y était très bien, le sujet important, mais je n’avais pas particulièrement envie de le voir et je ne l’ai toujours pas vu.
Avec la quantité de bons films qu’on loupe, qu’on ne peut même pas programmer pour faute de place, ce n’était pas ma priorité.
Est-ce que j’avais vraiment envie de le mettre en avant? Est-ce que c’était politiquement correct « d’accepter » la censure  d’un groupe de musique et de promouvoir l’œuvre de quelqu’un qui venait une nouvelle fois d’être accuser de viol dans ce climat #metoo ?

Non.

Je suis pour la liberté de création mais vraiment… face à une parole qui s’exprime enfin, face au courage de toutes ces femmes qui font face à ce qu’elles ont vécu et qui osent demander tout haut que ce système change, non, je n’avais pas envie de défendre même un très bon réalisateur. Des réalisateurs et des réalisatrices douées il y en a plein d’autres, il suffirait de s’y intéresser davantage.

J’étais par contre en colère qu’on s’en prenne aux salles qui décidaient de le programmer. J’avais fait ce choix mais je respectais totalement ceux qui l’avaient programmé.
Je trouvais dommage que la colère s’acharne sur le maillon final à savoir les salles et le spectateur…
Comme si c’était nous qui allons avoir le réel pouvoir d’empêcher ce type de faire des films !!

Je ne suis pas étonnée ou surprise que des connards fassent du cinéma, toute forme d’art a son lot de violeurs, de tueurs, pédophiles, beaucoup sont morts et on ne le sera jamais, beaucoup seront épargnés, mais malheureusement c’est représentatif de notre  société c’est tout. Les déviants, les malades, les mauvais existent dans tous groupes sociaux, professionnels, générationnels… alors pourquoi les artistes seraient épargnés ?
Doit-on voir leur œuvre ? doit-on les « admettre » ? « L’homme… l’artiste »…
Et puis si on considère les méchants/ les gentils, où se trouve le curseur ? Dans les mains de la justice ? Mais est-ce qu’on croit encore à la justice ? Est-ce qu’une peine égale un pardon ?
Dans le cinéma, il semblerait qu’il y ait des codes : il y a des méchants vraiment méchants et des moins méchants, ça, ça passe, ça non… Woody Allen ça passe, Polanski non.

Donc Polanski pas le bienvenu aux César.
Plongée dans cette confusion qui règne et qui divise sur le acceptable ou pas, je n’étais pas vraiment choquée de sa nomination. Il a son fan club, son aura, son harem d’intellectuels.
Mais je dois vivre dans un monde rempli de bisounours parce que par contre je ne m’attendais pas à ce que Polanski gagne un des meilleurs césars de la cérémonie. Je n’étais pas prête à ça. C’était trop gros, trop lourd, pour que ce soit possible.

La meilleure réalisation ? Le saint Graal !! Visiblement le film doit être si bon que deux césars ne suffisaient pas et que même d’autres césars sur la technique, les acteurs, le montage n’auraient pas suffi, le meilleur c’était lui un point c’est tout !

Naïvement, j’imaginais que l’Académie aurait saisi tout ce qui se jouait derrière la symbolique de Adèle Haenel versus R.Polanski.

Ni Céline, ni Adèle n’ont eu la possibilité de monter sur scène alors que le film méritait plus de reconnaissance.
Avaient ils peur qu’elles ouvrent trop leur gueule peut-être?
Surement.

Mais de là à  « sacrer le diable »  quand même !!
Etait-ce vraiment nécessaire de lancer de telles hostilités ? c’est de la provoc’ ou quoi ?

Car après tout, ce qu’il représentait ce soir c’était aussi le non jugement de toutes ces agressions. La personne non punie de ces crimes. Il n’était plus uniquement réalisateur, ce soir il était aussi une personne qui passait devant l’opinion publique.
Mauvais timing pour Roman tant pis pour lui, mais franchement s’il y avait une prise de position pacifiste et égalitaire à prendre par les institutions qui font ce Cinéma c’était bien ce soir !

Mais qui dirige notre Cinéma ? Que ce soientt des hommes ou des femmes derrière ces enveloppes, n’ont-ils pas entendu la rage des femmes ? la volonté d’un changement ?

NON.
Ils continuent de se servir de nous : la femme (merci Florence) amuse bien la galerie pendant 3 heures, mais le message final va être rapide :

Meilleure réalisation : Polanski,
des gens quittent la scène, le son de la salle est coupé,
Florence Foresti ne réapparaitra pas.

Personne sur scène.

Il faut enchaîner Sandrine …vas y…

Meilleur film : « Les misérables ».

Et bien que j’étais contente pour ce film, en direct de Paris mon amie Faustine me faisait remarquer « il n’y a que des hommes sur scène ».
Et là je regardai mon mur où était projeté en grand plus d’une dizaine d’hommes sur scène.
Ils étaient là après ce moment terrible où je pense que de nombreuses femmes ont ressenties comme moi un profond sentiment de défaite.

D’un seul coup, une tristesse profonde m’envahit comme si le Cinéma m’avait trahi. Tout ce qu’il avait réussi à me faire croire, à me faire vivre, s’effondrait là en quelques images. Il n’était plus magique, il était comme tout le reste, décevant.
Alors je ne veux pas croire que le Cinéma soit masculin, je ne veux pas entrer en guerre contre l’homme. Je ne veux pas voir que ce monde est pourri.
Je veux juste que le Cinéma me mette encore un peu de paillettes et m’offre un happy end à cette cérémonie, que les femmes talentueuses soient récompensées et qu’elles disent ce qu’elles ont à dire haut et fort.
Mais ce soir le Cinéma qui me faisait vibrer disparut, englouti sous le poids d’une seule image symbolique : une scène rempli d’hommes, sans femme à laquelle on semblait répondre après 3h20 d’hypocrisie « s’il te plaît, ferme ta gueule ».

 

 

Un strip-tease pour ses 30 ans

Posted in Escritura / Ecriture on noviembre 29, 2019 by marie

Paris, un jeudi d’octobre, temps mitigé.

 

J’ai pris un jour de congés pour retrouver Tiphaine à la capitale, au programme : un déjeuner pour ses 30 ans suivi d’une expo.

Tiphaine est une fille joyeuse, un peu “tout feu tout flamme” comme ça vue de loin, avec sa veste en fausse fourrure tigresse. Fêtarde et cinéphile, elle est dotée d’un grand cœur, dans lequel elle met tous ses amis. Suite à deux ans de marathons ciné, bouffes et sessions thé improvisées, je crois que j’y ai ma place aussi.

Quand tu as rencard avec elle, tu sais qu’il y a des chances que rien ne se déroule comme prévu. D’où le besoin de ne jamais trop planifier. Pour moi, la Bree Van de Kamp de l’organisation c’est un challenge mais que voulez-vous ? Elle fait traîner sa vingtaine et l’énergie vitale qui va avec…je ne peux que la suivre, c’est ma petite cure de jouvence.

 

Nous nous sommes donc joyeusement retrouvées dans un bar miteux face à la gare du Nord. Nous avons trinqué un peu trop tôt puis nous nous sommes dirigé vers Le bouillon, brasserie du côté de Pigalle. Après une bonne assiette de tartiflette bien arrosée, nous avons digéré tranquillement en se baladant dans le quartier. Notre estomac étant trop rempli pour monter au Sacré Cœur, nous avons opté pour la carte “instructive” d’un sex-shop.

Rapidement l’envie de faire l’expo Bacon a laissé place à l’envie d’une “première fois”, une fois à ne pas oublier. Étant au cœur même du quartier “sexe”, voir un “strip-tease” de pro pourrait être une option.

Face à une porte un peu secrète, “Soso” la rabatteuse, nous a repéré.  Après quelques blablas de touristes débutantes : « non il n’existait pas de strip-clubs avec des danseurs hommes, oui il y aurait de la danse » ; elle nous vendit une entrée pour 20 euros par personne “mais attendez les filles ça inclut la boisson”.
Parfait ! Un whisky coca à 15h c’est tout ce dont nous avions besoin !

Nous entrâmes et très vite la magie de l’inconnu retomba.

Derrière ces portes mystérieuses ne se cachait pas le club “in” avec des superbes lumières, du velours partout, des beaux coussins, du glamour et de la séduction non non non… Bien au contraire ! En gros c’était une pièce à peine plus grande que mon salon avec une pauvre barre au milieu, 4 coins canapés dans les angles, une espèce de salle privée à gauche et surtout un lieu vide et sans ambiance. La décoration venait de chez Gifi, odeur de renfermé, 4 nanas au total : une serveuse au bar à l’entrée, une danseuse, une autre qui dort à côté des toilettes, et Soso qui reste dehors.

Nous nous sommes donc assises toutes peunotes se demandant où étaient passés la luxure et le champagne ?

Pas de Joe Cocker pour nous ambiancer mais du Maître Gims à plein volume…nous étions vraiment très loin des films américains.

Mais Soso avait raison sur deux choses : un whisky-coca méga dilué fut servi et nous avons eu droit à 1 danse, mais une seule !

La Sharon Stone locale arriva direct à la barre, pareil le décalage “visuel” était de taille, pas vraiment canon, pas vraiment moche, elle fit sa petite danse de façon très mécanique. Pour résumer : vague d’un côté, vague de l’autre, shake shake du boumboum short, soutif dégrafé, vague vague, puis elle reprit son petit bout de tissu en disant “et voilà”.
Durée : 4 minutes. Fin du spectacle.

Ah…C’était donc ça ??

La déception était réelle, de l’extérieur ou de l’intérieur, le sexe ne vendait vraiment, vraiment pas du rêve. La danseuse faisait son job, avec plus d’assurance que nous au moment de passer la porte, mais nous n’étions pas l’appât. C’était express et c’était le deal, elle n’allait pas non plus en faire des caisses et balancer du glamour pour deux provinciales un peu pompettes en recherche de nouveautés.

La cible de ce Crazy horse bon marché, ce n’était pas nous mais plutôt le monsieur qui entra au bout d’une vingtaine de minutes.

Commercial lyonnais en déplacement à la capitale, il se fit escorté directement dans la “salle privée”. Comme la “porte” se résumait à un paravent en bambou, nous pûmes suivre dans les moindres détails toute la conversation. Oui il avait une carte bleue mais c’était celle du travail donc non il ne pouvait pas se payer une autre danse (même si sur le relevé bancaire apparaîtrait un faux nom d’enseigne), non il ne pouvait pas l’inviter à boire une bière à 25 euros, ni aller avec elle au distributeur retirer. Curieusement, il réussit à sortir sans claquer plusieurs centaines d’euros comme d’autres le mentionnaient dans les commentaires google que nous consultâmes après.

Nous sortîmes à notre tour, Soso était en train de se faire engueuler par la danseuse comme quoi elle laissait entrer des mecs fauchés.

Nous descendîmes de Pigalle, et autour d’un double café, flottant dans l’étrange sensation d’avoir vécu un épisode de Zone interdite, nous optâmes pour aller siester un peu.

Oublier l’instant puis se le remémorer à jamais, “un strip-tease pour ses 30 ans”, pas sur M6 mais dans la vraie vie, c’est une première fois.

 

Cannes I be honest ?

Posted in Cine, Escritura / Ecriture on mayo 26, 2019 by marie

72ème édition du Festival de Cannes, 3ème pour moi.
5 jours complets, 27 films, 50 kms marchés, 0 repas assis, nombreuses émotions traversées.

Le festival de Cannes ressemble de loin à un endroit qui vend du rêve, glamour, chic, soleil, ça brille, ça brille… Pour ma part, c’est l’occasion de voir plein de films, de 8h30 à minuit, c’est aussi le parcours du combattant. Ambiance guerrière, agressive et bien souvent ridicule, Cannes est aussi un lieu très représentatif d’une humanité qui va mal. 

Chaque jour je parcours environ 9 km pour tenter de maintenir ma moyenne journalière : 5 films. Levée 7h du mat, couchée à 1h, c’est un marathon où on passe beaucoup de temps à marcher vite et attendre, sous la pluie, dans le vent et parfois -pas trop cette année- sous le soleil. 

Dans les files d’attente, gare à vous si vous doublez quelqu’un -même si ce dernier va passer-, chacun tient son poste, à l’affut de quelconque mouvement. On est nombreux, très nombreux à vouloir voir ces films.
Films venus d’ici, de là, films dramatiques, terribles, barrés, drôles, légers. Des hommes sous l’eau, des filles au soleil, des lieux où on n’ira jamais, des histoires qui nous émeuvent, qui nous surprennent ou nous emmerdent.

On en veut. On en veut plein. 

Cette boulimie filmique peut avoir des conséquences assez négatives sur le comportement individuel.
La bienveillance, la générosité, la politesse ?  Va te faire voir! 

“ça applaudit à la fin d’un Ken Loach et ça te bouscule dans les escaliers”. 

Rien à foutre.

De grands nuages de laque embaument la croisette même une fois que le stand l’Oréal a fermé.
Beaucoup de monde vêtu de paillettes et d’argent se promène le soir en bord de mer, espérant pouvoir rentrer en soirée.

Ici il faut voir, voir une star pour certains, voir un film pour d’autres, et malheureusement se faire voir.

Le matin les premiers festivaliers se dépêchent pour l’entrée en salle à 7H45, les travailleurs eux nettoient le sol, plantent, rangent, ordonnent le sable et installent les transats.
Les sans abris ont encore le droit de squatter un peu face aux yachts.

L’arrogance des riches, celle de ceux qui voudraient l’être, et le luxe omniprésent me donnent la nausée.

Cannes est rageante, triste et décevante. 

Et pourtant…

Pourtant Cannes m’offre à chaque fois un shoot d’émotions dont je raffole.

Au delà du superflu visible de loin, à l’intérieur des salles c’est encore plus dur et plus fort selon les films, les émotions à peine ressenties font place à d’autres et encore à d’autres. On est dans un état curieux entre projection, réception et voyage planant.

Emmenez nous voir des jeunes, des vieux sans mémoire, des gens qui s’aiment encore, se détestent violemment, baisent sur des bateaux, tuent au couteau, bouffent des serpents dans la jungle, se baladent en ville ou sur des plages dorées, explorent des lieux SM. Mettez nous en colère, faites nous pleurer, rire, frémir, réfléchir, et même faites nous perdre notre temps. On est là pour ça.

Cannes c’est aussi du partage, des salles pleines, des expériences collectives jusqu’à 1000 devant le même écran, des débriefs matinaux en salle ou tardifs sur le balcon avec d’autres, pour qui, le cinéma a surement été comme pour toi la plus belle rencontre de leur vie.

Ce cinéma dans le quel on se love, on s’éloigne, on s’isole, on se protège du reste du monde et on s’abandonne comme à la meilleure drogue existante sur le marché. Alors courir, déménager, louper une soirée, un déjeuner, refaire sa vie, moins voir ses amis, ne pas rappeler sa mère pour un film ? 

Moi je suis partante, au moins quitte à voir la bienveillance disparaître, je préfère que ça se fasse sur un écran la lumière éteinte. 

Et puis,

Et puis de retour dans le ch’nord, en descente de trip, après un voyage interminable en mode “sas”, je prends le TER. En sortant de celui-ci à Gare du nord, je croise un homme habillé de jaune et micro aux lèvres, il essaie de maîtriser la foule qui sort. Il est grand, noir, avec un magnifique sourire, il nous dit gentiment “voilà doucement la sortie…on laisse passer, et je vous souhaite une bonne soirée…allé ! plus qu’un jour et c’est le week-end messieurs dames!”. Reconnectant avec le moment présent, une lumière jaillit de ce lieu souterrain et je souris enfin pour la première fois de la journée. Laissant les émotions cannoises de côté, je vis alors en lui toute la beauté du monde, pensant que sur une chanson de Christophe ou Morricone, filmé en plan serré, ce mec-là aurait bien sa place au cinéma.  

Dimanche, jour du seigneur

Posted in Escritura / Ecriture, Musica / Musique on marzo 6, 2019 by marie
Paris, fin février, un dimanche exceptionnellement ensoleillé, avec les filles, nous avons beaucoup marché.
Retrouvailles devant la salle, assis sur un banc, Flo demande “quel genre de musique c’est Nils Frahm?”, je laisse répondre Julien, à part les mots piano et électro, je ne saurai pas lui attribuer de genre.
Nous voilà à l’intérieur, grands et beaux miroirs, velours rouges, balcons sculptés, Le Trianon a la classe et -déformation pro oblige- quelques ressemblances avec des salles de cinéma de vieux films italiens.
Sur scène, piano, keyboards et autres instruments sont déposés, la lumière est douce, à l’image du voyage qui nous attend.
Le public se lève et s’approche de l’autel, le jeune allemand arrive avec la wibe d’un moine bouddha, bienveillance absolue, on va passer un bon moment. Le premier morceau débute, sans surprise, regards complices, nous trouvons ça très beau.
Nils a l’air d’un grand enfant en train de fabriquer des histoires avec ses playmobils, vif, amusé, il joue avec créativité. Dans sa chambre où nous avons eu le droit de pénétrer, règne un étonnant grand silence, c’est lui qui sait, c’est lui fait, c’est lui qui dit.
Au bout d’un moment, ne tenant plus debout, je m’assoie. Nouveau morceau, piano. Silence. Autour de moi les gens ont la tête baissée, ils reçoivent telle une bénédiction ce qui remplit toute la salle, cette vibration magique crée par cet enfant génie. Je ferme les yeux et au son des notes, je me retrouve assise dans le taxi-camionnette où nous étions il y a quelques jours, loin, loin, loin. La proximité avec ces spectateurs inconnus me rappelle celle des autres passagers prêts pour une nouvelle aventure, mais cette fois sans les touristes russes abonnées au “nie” “nie”, la communion peut commencer.
Rapidement sans savoir pourquoi, ce souvenir est vite submergé de mélancolie, comme si le caractère éphémère de tout moment, ce voyage, ce concert, suffisait à le rendre triste. Présent fort qui est déjà passé, je pense alors aux couples de voyageurs au cinéma : les gringos au Maroc d’Iñárritu, les chinois sur les routes d’Argentine dans “Happy together” de WKW, dépourvus de certitudes, se laissant emporter. Je nous fige alors nous aussi telle une scène de film, sur les routes de Thaïlande au son de Nils Frahm, que je pourrai revoir, Inch Allah, les yeux fermés.
https://www.youtube.com/watch?v=xLNeZogTsK8

CARGOFEVER

Posted in Escritura / Ecriture, Video on diciembre 21, 2018 by marie

CARGOFEVER 1/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #1 : “Dans le gris, des couleurs”

Lundi 13 août

Cette année j’ai réalisé mon rêve : celui de voyager en cargo.
J’ai choisi une formule légère : 6 jours, de Dunkerque à Dunkerque en passant par Tilbury, Anvers et Vlissigen.
Je l’ai accompagné d’un sac bien rempli : caméra, appareil photo, musique, podcasts, livres, films et j’ai fait le grand saut.
La veille de mon départ alors que j’étais entourée d’arbres sur un festival de musique picard avec des proches… picards, l’un d’eux me fit remarquer l’étrangeté de mon voyage en me questionnant sur le choix de ce type de bateau, les conteneurs représentant la mondialisation et donc -je caricature légèrement – l’ennemi. Il aurait d’avantage approuvé -je pense- un voyage sur un voilier.
Ne sachant pas trop expliquer ma “passion visuelle” pour les conteneurs, les grues, les cargos -et tant qu’à y être les trains, les silos, les usines de pétrochimie et tout ce qui est en métal et cylindrique (amis freudiens…)-, ce n’était pas la première fois que je restais sans réponse claire.
Du coup cette remarque m’accompagna tout le trajet jusqu’au port pour la bonne raison que je ne m’étais pas poser la question sous cet angle :
et si mon voyage n’était pas raccord avec l’éthique ?
C’est vrai après tout, cet ami avait raison, si on s’intéresse à l’histoire des conteneurs cette invention de Mc Lean en modifiant les possibilités de production et donc de consommation, n’y est pas pour rien dans ce dérèglement où tout se sur-consomme, sans besoin, avec crédit, pour un oui pour un non.
(Au passage le bon vieux Lean est devenu richissime très vite mais meurt ruiné et dans l’anonymat total car il avait oublié de breveter sa boite magique!
Ahlala, la vie est une chienne…)
Bref, dans le conteneur on y met de tout, le métal ne coute rien, on le transporte partout de la même façon donc en grande quantité, reste à choisir l’incoterm EXW/FOB qui va bien pour savoir qui prend en charge quoi.
On peut alors aller récupérer la pièce A en Chine pour l’assembler avec B qui vient d’Argentine et y rajouter C en Allemagne et le consommer aux Etats-Unis pour trois fois rien. La révolution du transport a engendré des modes de consommation différents allant bien sûr jusqu’à changer nos modes de vie. Payer moins cher ça ne dérange pas trop la société par contre comme toujours on se rend compte un peu tard que le prix à payer en terme de pollution de ces bêtes de transport est lourd, très très lourd.
En ce sens on est bien loin de l’AMAP et du covoit’ citoyen mais de nos jours, qui ne possède rien venant d’un conteneur?
Malheureusement le problème nous échappe, même les gars travaillant sur ce cargo ne savent pas qu’est ce qu’ils transportent !
Donc j’avais effectivement pas pensé à cette notion de “ce qui est correct”, m’intéressant d’avantage à l’expérience, à la découverte de ce monde à bord et de ses gens. J’aurais peut-être dû, mais je ne serais peut-être pas là aujourd’hui.
Se rapprochant de notre premier arrêt Tilbury, je vois tout ce gris de fumée qui s’échappe des usines proches du port.
Va savoir pourquoi j’aime les conteneurs ?
Peut-être que derrière cette froideur apparente et ce constat désolant, il y a des choix de vies, des hommes de toute part qui pour servir nos petits caprices, s’éloignent de leurs proches, vivent sur le fil de l’eau, connaissent la mer et cet engin aussi passionnant que paradoxal qu’est le cargo.
Peut-être que sous ce gris plombant des nuages marins mélangés aux fumées toxiques, le rouge et le bleu qui colorent les façades métalliques des conteneurs m’attrapent l’oeil, le capturent, l’impressionnent. La sensation d’être dans une partie de tétris grandeur nature sans l’aspect game over. Bien au contraire en y rajoutant la mer omniprésente, le bleu gagne haut la main le passionnel rouge feu, et m’offre l’instant du voyage, une tranquillité à part et un sage horizon qui m’emporte bien loin.

 

CARGOFEVER 2/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #2 : “Les habitants de l’ogre de métal”

Vendredi 17 août

Ils sont là à tout moment : le “crew”, personnel philippin, les “officers”, officiers roumains à s’animer à l’approche du port. Monté plus en amont du courant, un pilote venant du port d’arrivée va les aider pour atteindre le quai. Courants, bancs de sable, zones à éviter, tout est anticipé, dessiné, mis sur logiciel, cartes, tableaux et feuilles de route.
Pas la moindre erreur n’est possible, trop d’argent en jeu, il faut aller vite, très vite.
Seulement le cargo n’est pas un bateau rapide, il est lourd, il est imposant, il se déplace tout doucement. Pour le mettre en marche des machines sur-puissantes se cachent dans ses entrailles et beaucoup trop de fioul est nécessaire pour démarrer son coeur.
Enfin, le monstre se réveille et avance bras grand ouverts vers des grues qui n’attendent que lui. Tentacules greffées le temps d’un câlin fusionnant de métaux diverses, autour d’eux, d’étranges véhicules aux embouts clignotants accompagnent les retrouvailles.
Semblable à un ballet mécanique, le chargement et déchargement des conteneurs est captivant, incessant, bruyant.
Les heures passent et nous sommes toujours à quai.
Quel paradoxe curieux de se retrouver immobiles sur un bateau. Mes compagnons de route, un couple de passagers normands absolument charmants, et moi-même s’inventent une routine. L’équipage ne comprend pas pourquoi on ne fait pas une croisière normale…
C’est une question de point de vue, moi, je me sens bien sur mon ogre, telle une puce qui se perd dans ses poils, j’explore son corps afin d’en saisir un peu les contours.
Mon pauvre ogre ne me parle pas. Il fait peur aux gens mais en fait c’est une marionnette, à sa tête, le metteur en scène du spectacle doit être bien loin, en croisière aux Bahamas, peut-être.
Mais mon ogre n’est pas seul, il est habité, habité par des fourmis, qui mangent à sa gauche, par des cigales qui mangent à sa droite. La cigale capitaine chante bien, je ne peux pas lui en vouloir de jouer du côté des cols blancs, j’y suis aussi, pas à sa table certes, mais pas loin. Elle nous ouvre toutes ses portes c’est déjà ça.
Les fourmis quant à elles, nous sourient, s’assurent qu’on ait un casque, du schweppes dans notre minifrigo, et nous invitent au karaoké.
A quai, la cigale et la fourmi branchent le processus d’alimentation de mon ogre et d’autres fourmis du port viendront s’en charger. L’ogre n’a peut-être pas faim mais on va bien lui remplir la panse. Il engloutira toute la journée des conteneurs, qu’il régurgitera ailleurs dans un autre port, avant d’être à nouveau rassasié.
Pauvre barque qui de part son surcroit hormonal, est condamnée à la perpétuelle situation de boulimie anorexique.
Carcasse de métal qui abrite en son sein des vies, qui s’éloignent d’autres vies, pendant des mois, pour un meilleur salaire ou par addiction à la sainte mer…
Allé…encore une petite bouchée d’acier.

CARGOFEVER 3/3
Quelques mots et quelques images sur mon voyage en cargo
Volet #3 : “Mouvement ascendant”

Septembre 2018

Observation de ce flot berçant, brillant, vivant.
des lignes au loin qui se confondent
et des lumières qui pourraient être l’enfer ou le paradis,

état de réveil permanent,
comme des pulsations cardiaques,
rythmique et mathématiques invitées,
tout est une question de point de vue.

Du cargo on regarde tout du ponton, le lieu le plus haut du bateau,
alors…prendre de la hauteur n’a jamais eu autant de sens,
un peu plus, on se sentirait important,
la fumée se transforme en nuage où rebondissent pensées et rêves les plus fous
les vagues montagnes enneigées,
montent et descendent,
la mer, masse prête à jaillir,
fuse telle un volcan,

et se contient,

à sa surface, elle nous retient en vie,
sur les épaules de l’ogre de métal,
absorbés par ce spectacle de l’horizon,
on ne tombera pas,
non on ne tombera pas.

Besoin de prendre l’air

Posted in Escritura / Ecriture on julio 24, 2017 by marie

Ton ciel est bas Picardie

Tes plaines sont belles,

tes couleurs, tes gens, tes nuits,

tout me va…

Mais putain ça manque d’air ici!

C’est un trop plein de toi Picardie,

Ma passion pour le cinéma vis en toi,

Chaque jour à Beauvais,

j’entre dans la salle, je l’ai là,

tout près de moi,

comme un chat qui ronronne un soir où il fait froid.

Ce cinéma je l’aime,

je m’y fais plaisir

et je crois encore pouvoir le remplir.

Parler des films avec des jeunes lycéens,

recevoir des “j’ai pas pleuré Madame” des écoliers après “ET”

se faire des sessions privées entre copains le midi,

avoir des cinéphiles me racontant leurs derniers films,

voir de nouveaux visages qui auront la surprise, une fois passé la billetterie,

de pouvoir amplement choisir leur place dans cette grande et asymétrique salle.

Elle est vieille mais elle a de la gueule!
C’est le bordel mais ça fonctionne encore!

Et toi-même tu ris, tu pleures et même tu danses

devant ce putain d’écran.

Putain d’écran blanc qui me bouffe la vie

de Barcelone en passant par Belfort pour atterrir en Picardie.

Mon écran préféré en Picardie

ce sont les champs de blé au mois de juin.

Ces vastes étendues de jaune contrastant avec le vert,

c’est du pur Brésil.

T’y rajoutes les ailes des éoliennes

et tu es dans de la science-fiction picarde!

Pas étonnant que j’en rencontre des phénomènes picards!

Picardie, tes habitants… c’est quelque chose!

Ah on ne s’ennuie pas ne Picardie!

Même si ton horizon est plat,

tes gens, laisse moi te dire, ils ne manquent pas de saveurs!

Ah ils sont denses les Picards, je n’en connais pas deux pareils!

Oui ils disent “une t’chote bière” de la même façon

mais quelle diversité de vies arpente tes veines.

Les Picards, vous êtes entrés dans mon cœur,

que ce soit à la terrasse d’un café,

dans un bureau, devant un concert

ou la tête sur l’oreiller,

vous m’en avez donné des émotions cette année!

Mais ces émotions elles sont lourdes à porter sous ce ciel si bas,

les nuages m’empêchent de voler haut

alors bon…

ne m’en veux pas Picardie

mais là, j’ai ma dose de toi.

Faut que j’aille vers des cieux dégagés,

là où tout s’envole simplement,

là où ça respire.

Couper les écrans et regarder la vraie vie,

sans se faire 1000 films à la seconde,

laisser l’esprit divaguer au rythme des vagues,

sous un soleil enivrant,

ne serait-ce qu’un mois de temps.

Je reviens donc Picardie,

à la rentrée ton blé aura été récolté,

à quoi ressembleront tes si belles plaines?

et cette fois, quel cinéma tu inventeras pour moi ?

Close-up, final scene

Posted in Cine, Escritura / Ecriture on julio 5, 2016 by marie

Lundi 4 juillet
Ce soir je regarde “Close-up” d’Abbas Kiarostami, un film magnifique dans une belle salle de cinéma… dans “ma” salle de cinéma!
Puis je ne suis pas seule (ouf!) !
Il n’y a pas d’invités particuliers, c’est le “RDV des Cinéfreaks”! Enfin c’est plutôt une excuse pour rassembler des gens autour d’un verre puis surtout autour d’un film.
Des gens sont venus donc boire un verre, voir le film, par sympathie, par curiosité, par envie… Enfin, ils sont là, on est là, pour le cinéma.

Ce film c’est un peu un “ovni” cinématographique entre documentaire et reconstitution, entièrement inspiré d’un fait réel et joué par les vrais protagonistes. Il n’est pas des plus facile “d’accès” mais doté d’une profonde part d’humanité, j’étais impatiente de le programmer ici.

C’est l’histoire de Mr Sabzian en Iran en 1989.
Mr Sabzian est profondément passionné de cinéma, Mr Sabzian est pauvre et un jour dans le bus il commence à se faire passer pour le grand réalisateur Makhmalbaf.
Pourquoi faire ?
Pour manger, pour qu’on le respecte, par amour à l’art, au cinéma?
“L’art c’est ce qu’on développe à l’intérieur” et “Mr Makhmalbaf a su capter toute la souffrance que je n’arrivais pas à décrire…”
C’est un amoureux,
un amoureux du cinéma.
Quoi qu’il en soit, amoureux ou pas, tel un garçon qui a fait une bêtise, on l’arrête et on le juge…
Retour à la réalité, interrogé par le juge, interrogé par la caméra, on ne pas rêver d’être quelqu’un d’autre Mr Sabzian! On ne peut pas échapper à ce que nous sommes voyons!
On peut quand même encore rêvé, non ?

Mardi 5 juillet
Plus concrètement, hier j’ai “rêvé” que pour ce 1er RDV Cinefreaks nous serions… allé.. au moins 10 …(!),
nous étions 18 !
La qualité et non pas la quantité” CR@Perrine :).
18 à voir ce film, certains à l’aimer ou pas, plus ou moins, en tout cas…
18 à être là ensemble dans cette salle obscure, devant cet écran pour voir, sentir, partager.
C’est ce que j’aime le plus dans le fait de travailler dans le cinéma, au delà de sa diversité passionnante, ce qui me fascine c’est sa capacité à rassembler des gens différents pour leur faire vivre un moment commun dans lequel parfois ce public d’accord ou pas, se rencontre.

Nous sommes sortis de la séance et j’ai appris la mort du réalisateur à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer.
Coïncidence curieuse alors que son oeuvre vivait pleinement pour 18 d’entre nous hier soir, lui partait ailleurs…
Étrange moment, mystique situation?

Je repense alors au film et à cette scène finale et inoubliable où le vrai Mr Makhmalbaf embarque Mr Sabzian à sa sortie de prison.
Pour ma part je ne peux m’empêcher de pleurer devant la beauté de la rencontre réelle et rêvée entre le passionné et le passionnant…
Ah qu’il est -finalement- bon de rêver.
Accompagnés d’une fleur rouge, ces deux êtres sensibles et véritables en mouvement dans la ville nous offrent un plaisir baigné de tristesse de nous échapper.

Son auteur aujourd’hui nous échappe aussi, mais son oeuvre reste bien vivante, offerte tel un cadeau à ceux qui comme moi la découvrent à peine…

Le vrai rêve du cinéma c’est que ses étoiles ne meurent jamais.

William Sheller et Noir désir : même combat?

Posted in Escritura / Ecriture, Musica / Musique, Temas del día on febrero 15, 2016 by marie

La quête du bonheur
L’échappée
La fuite
La folie
Le calme
L’excitation
La chance
La solution
la vie
Le risque
La peur
La souffrance
L’impossible
L’autre
L’inatteignable

 

Cuando te llamas Felicidad o Soledad…

Posted in Escritura / Ecriture, Musica / Musique, Temas del día on febrero 15, 2016 by marie

te pueden escribir canciones asi.

Jueves 11 de febrero

Estoy en Clermont, camino por las calles. Es de noche, hace frio. Acabo de pasar la cena hablando espanol, en algun momento me recordé de la canción “felicidad” de la Cabra mecánica,

pasé 3 dias a mirar cortometrajes en el festival, recibir mil historias, estéticas, entrar, viajar, salir, volver a entrar en las salas oscuras Cocteau, Vian, Genova, Hospital. Incluso pude entrar en las cabinas de VIP, tomar cafe con gente interesante, beber una cerveza frente un cine concierto donde tocaba mi antiguo vecino y amigo Julien.

El dia siguiente viajo, casi me pierdo el tren. Caia la lluvia, el trafico era fatal, hablabamos de majorettes. Sali del coche, corri como loca, mi soplo era muy corto,  les escuché decir por microfono que iban a cerrar las puertas y justo entré.

Otro viaje, bastante corto, otras aventuras, otra ciudad, sola, como siempre.

Parada, busco en el quick del lado de la estacion de Lyon la cancion. me pongo a pensar en otra cancion “hola Soledad”, ambas canciones hablan de un concepto y a la vez de una mujer.
Como debe ser llamarse Felicidad o Soledad?

Me gusta mas Rolando La Serie al nivel musica pero reconozco que estas dos canciones me dan un poco lo mismo, un especie de nostalgia de algo que paso, feliz y triste,

la soledad o la felicidad, puras sensaciones pasajeras,

como nosotros, viajantes de la vida, de las pantallas, intentando no estar demasiado solo y un minimo feliz.

Hoy me siento asi, al vivir en un par de minutos felicidad y soledad, contenta y triste a la vez que aunque ponga replay, todo pasa volando.

Hola Soledad, pura Felicidad.

I give up en mode popelup

Posted in Escritura / Ecriture, Temas del día on enero 18, 2016 by marie

J’écoute « Lose your soul » de Dead man’s bones, une chanson découverte dans le film La bataille de Solferino de Justine Triet, au Pathé de Belfort dans la salle 1 ou la 3, en septembre 2013. Je me souviens d’un plan latéral, l’actrice marchait avec une niaque de folie, sa journée s’annonçait tendue. Elle s’avançait et on entendait « tu vas perdre ton âme ce soir » suivi d’un chœur d’enfants chantant « j’abandonne… ».

Oui moi aussi ce soir, I give up.
Je démissionne,
je résilie l’abonnement,
j’envoie la rupture du bail,
je vous quitte,
tchao,
me voy !

Je laisse les reflets du soleil sur la Savoureuse, les réveils avec les rires de mes neveux, le tour des salles du ciné, les apéros improvisés, les croissants au bureau, les rires, le mascara qui coule car on a pleuré, les « afters », les retours de la gare TGV, les « ah ça peut plus durer », quelques frissons aussi.

3 ans et demi de vie :

Une chambre sous les combles chez mon frère, un studio d’étudiante, un appart avec machine à laver, un 50 m2 avec une table pour recevoir 6 personnes !
Des ruelles désertes, une rivière poétique, un château pour lever la tête, des collines au loin, des maisons aux couleurs pastel.

Un grand Cinéma, un premier vrai pas dedans, un bureau lumineux, des classeurs décorés, des idées, des OKs.
Des sourires d’enfants en pagaille, des rires, des échanges sur les films tous les jours, des découvertes en 35 mm, des rencontres, une boum… la pêche malgré la pluie.

Mon frère, ma belle-sœur, mes deux nièces et mon neveu, le Club. Ces liens familiaux qui si longtemps étaient géographiquement éloignés. Le « on vit dans la même ville », on partage, on s’aime, c’est beau.
Des gens qui se greffent au passage, qui avec le temps deviennent des amis, des vrais, ceux qui vous laissent mettre de la cumbia, ceux avec qui on peut s’engueuler, ceux qui vous écoutent pleurnicher, ceux qu’on revoit les lendemains de cuites.
Des collègues drôles qu’on a envie d’inviter chez soi à manger de la moussaka (ah merde… t’aimes pas l’aubergine !), des vies que je viens à peine de croiser, des gens qui donnent à être connus… si seulement on avait le temps !

Quitte à laisser tout ça, je laisse aussi mes frustrations, mes peines, mes colères, mes « quel temps de merde » et mes « j’ai besoin de bouger là ».

La preuve je bouge de là. Pas tant à la Mc Solaar, mon côté « drama » veut que je passe par toutes les émotions possibles… « émotions, c’est émotionnel ».

Alors, je suis triste de laisser tout ça, évidemment.
Ma première pote sera certainement Soledad qui me balancera d’un ton impertinent «tiens, mais tu ne connais personne ici… ». Voilà voilà…
Bonsoir moi, ça va bien ce soir ?
Ça va ça va, tu vois…
j’écris.
(Petit exercice qui permet de vomir mon trop plein d’émotions, un peu comme la nana dans Carnage de Polanski, les salopards de Tarantino).

Partage émotif oblige entre : la peine de quitter un endroit où j’ai été heureuse & un enthousiasme réel d’un nouveau challenge professionnel.

Faire la programmation d’une salle de cinéma !
Yeah !
Une salle de cinéma qui s’appelle Agnès Varda qui plus est !
Avec Agnès on a marché sur les mêmes plages, on a regardé le même horizon, mais bon elle n’est pas au courant.
Une salle avec un piano dedans, deux salles de concert, une médiathèque et un labo à côté !
Putain un rêve de gosse ! Mille idées de films me viennent en tête…
« Avoir son ciné », émotion culturelle assurée.

Après le reste viendra, non ?
M’éclater, récolter d’autres sourires d’enfants, oser, proposer, apprendre, faire le tour des sales, partager et croiser d’autres vies à connaître…

Dire bonjour, dire au revoir.

Au revoir Belfort, bonjour Beauvais.

Entre les deux, le pris est pris. Merci.