Besoin de prendre l’air

Posted in Escritura / Ecriture on julio 24, 2017 by marie

Ton ciel est bas Picardie

Tes plaines sont belles,

tes couleurs, tes gens, tes nuits,

tout me va…

Mais putain ça manque d’air ici!

C’est un trop plein de toi Picardie,

Ma passion pour le cinéma vis en toi,

Chaque jour à Beauvais,

j’entre dans la salle, je l’ai là,

tout près de moi,

comme un chat qui ronronne un soir où il fait froid.

Ce cinéma je l’aime,

je m’y fais plaisir

et je crois encore pouvoir le remplir.

Parler des films avec des jeunes lycéens,

recevoir des “j’ai pas pleuré Madame” des écoliers après “ET”

se faire des sessions privées entre copains le midi,

avoir des cinéphiles me racontant leurs derniers films,

voir de nouveaux visages qui auront la surprise, une fois passé la billetterie,

de pouvoir amplement choisir leur place dans cette grande et asymétrique salle.

Elle est vieille mais elle a de la gueule!
C’est le bordel mais ça fonctionne encore!

Et toi-même tu ris, tu pleures et même tu danses

devant ce putain d’écran.

Putain d’écran blanc qui me bouffe la vie

de Barcelone en passant par Belfort pour atterrir en Picardie.

Mon écran préféré en Picardie

ce sont les champs de blé au mois de juin.

Ces vastes étendues de jaune contrastant avec le vert,

c’est du pur Brésil.

T’y rajoutes les ailes des éoliennes

et tu es dans de la science-fiction picarde!

Pas étonnant que j’en rencontre des phénomènes picards!

Picardie, tes habitants… c’est quelque chose!

Ah on ne s’ennuie pas ne Picardie!

Même si ton horizon est plat,

tes gens, laisse moi te dire, ils ne manquent pas de saveurs!

Ah ils sont denses les Picards, je n’en connais pas deux pareils!

Oui ils disent “une t’chote bière” de la même façon

mais quelle diversité de vies arpente tes veines.

Les Picards, vous êtes entrés dans mon cœur,

que ce soit à la terrasse d’un café,

dans un bureau, devant un concert

ou la tête sur l’oreiller,

vous m’en avez donné des émotions cette année!

Mais ces émotions elles sont lourdes à porter sous ce ciel si bas,

les nuages m’empêchent de voler haut

alors bon…

ne m’en veux pas Picardie

mais là, j’ai ma dose de toi.

Faut que j’aille vers des cieux dégagés,

là où tout s’envole simplement,

là où ça respire.

Couper les écrans et regarder la vraie vie,

sans se faire 1000 films à la seconde,

laisser l’esprit divaguer au rythme des vagues,

sous un soleil enivrant,

ne serait-ce qu’un mois de temps.

Je reviens donc Picardie,

à la rentrée ton blé aura été récolté,

à quoi ressembleront tes si belles plaines?

et cette fois, quel cinéma tu inventeras pour moi ?

Avec le temps

Posted in Musica / Musique on junio 30, 2017 by marie

 

J’allume une cigarette…

Posted in Musica / Musique on junio 27, 2017 by marie

La playlist de fin d’année

Posted in Musica / Musique on diciembre 12, 2016 by marie

 

 

Bijoux du cinéma d’animation

Posted in Sin categoría on octubre 14, 2016 by marie

Récemment en déplacement pour les Rencontres Nationales Ecole et Cinéma, j’ai eu la chance d’assister à plusieurs rencontres autour du cinéma d’animation.
En effet cette année, 3 beaux films d’animation français sortent en salles et nous avons eu le plaisir de rencontrer les réalisateurs.
Il s’agit de Jean-François Laguionie (un vieux de la vieille “Le tableau” et bien d’autres) qui signe le très touchant “Louise en hiver”, film sur la vieillesse, le souvenir, la solitude…
Il y avait aussi l’adaptation troublante d’un conte par Sébastien Laudenbach avec “La jeune fille sans mains”, un film au trait envoûtant, un peu rude pour les enfants (plutôt à partir de collège) mais avec un univers très talentueux.
Enfin le formidable “Ma vie de courgette” de Claude Barras, un film en stop-motion sur les enfants placés, osé, poignant, beau.
Pour ces films en sortie ces prochains mois, ils sont évidemment à découvrir sur grand écran et pour plus de découvertes, je vous invite à jeter un coup d’œil sur ces courts en branchant évidemment le vidéo-proj même si Youtube n’est pas toujours à la hauteur…

“La joie de vivre”, 1934
Petite pépite, fluide, vive la vie, le printemps, la danse, les poteux électriques et les fleurs de champs!!

Pub pour Philips de George Pal, 1938
Animation dans le moindre détail (voir expression des visages!)

“Journal” de Sébastien Laudenbach, 1996
Partons sur le tracé poétique de Sébastien (“La jeune fille sans mains”) dans ce court-métrage qui n’est autre que son journal, ses amours, ses emmerdes, la vie, simplement. Un découpage qui fonctionne parfaitement, une animation qui se laisse suivre volontiers.

“Le 1er dimanche d’août” de Florence Miailhe, 2000
Impossible de trouver l’intégralité du court sur le net mais une belle claque visuelle ! Univers fou de couleurs, bal populaire, ça sent la fête du vin à Bruejouls, ça sent l’humain à plein nez, j’adore!

“Fast film” de Virgil Widrich, 2003
Petit bijou de collage et d’inventivité, une déclaration d’amour au cinéma, un voyage sous acide!

“Le génie de la boite de raviolis” de Claude Barras
Pour partir sur les traces de Claude Barras avant d’aller voir “Ma vie de Courgette”, du stop-motion feel-good movie et ravioli

 

Close-up, final scene

Posted in Cine, Escritura / Ecriture on julio 5, 2016 by marie

Lundi 4 juillet
Ce soir je regarde “Close-up” d’Abbas Kiarostami, un film magnifique dans une belle salle de cinéma… dans “ma” salle de cinéma!
Puis je ne suis pas seule (ouf!) !
Il n’y a pas d’invités particuliers, c’est le “RDV des Cinéfreaks”! Enfin c’est plutôt une excuse pour rassembler des gens autour d’un verre puis surtout autour d’un film.
Des gens sont venus donc boire un verre, voir le film, par sympathie, par curiosité, par envie… Enfin, ils sont là, on est là, pour le cinéma.

Ce film c’est un peu un “ovni” cinématographique entre documentaire et reconstitution, entièrement inspiré d’un fait réel et joué par les vrais protagonistes. Il n’est pas des plus facile “d’accès” mais doté d’une profonde part d’humanité, j’étais impatiente de le programmer ici.

C’est l’histoire de Mr Sabzian en Iran en 1989.
Mr Sabzian est profondément passionné de cinéma, Mr Sabzian est pauvre et un jour dans le bus il commence à se faire passer pour le grand réalisateur Makhmalbaf.
Pourquoi faire ?
Pour manger, pour qu’on le respecte, par amour à l’art, au cinéma?
“L’art c’est ce qu’on développe à l’intérieur” et “Mr Makhmalbaf a su capter toute la souffrance que je n’arrivais pas à décrire…”
C’est un amoureux,
un amoureux du cinéma.
Quoi qu’il en soit, amoureux ou pas, tel un garçon qui a fait une bêtise, on l’arrête et on le juge…
Retour à la réalité, interrogé par le juge, interrogé par la caméra, on ne pas rêver d’être quelqu’un d’autre Mr Sabzian! On ne peut pas échapper à ce que nous sommes voyons!
On peut quand même encore rêvé, non ?

Mardi 5 juillet
Plus concrètement, hier j’ai “rêvé” que pour ce 1er RDV Cinefreaks nous serions… allé.. au moins 10 …(!),
nous étions 18 !
La qualité et non pas la quantité” CR@Perrine :).
18 à voir ce film, certains à l’aimer ou pas, plus ou moins, en tout cas…
18 à être là ensemble dans cette salle obscure, devant cet écran pour voir, sentir, partager.
C’est ce que j’aime le plus dans le fait de travailler dans le cinéma, au delà de sa diversité passionnante, ce qui me fascine c’est sa capacité à rassembler des gens différents pour leur faire vivre un moment commun dans lequel parfois ce public d’accord ou pas, se rencontre.

Nous sommes sortis de la séance et j’ai appris la mort du réalisateur à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer.
Coïncidence curieuse alors que son oeuvre vivait pleinement pour 18 d’entre nous hier soir, lui partait ailleurs…
Étrange moment, mystique situation?

Je repense alors au film et à cette scène finale et inoubliable où le vrai Mr Makhmalbaf embarque Mr Sabzian à sa sortie de prison.
Pour ma part je ne peux m’empêcher de pleurer devant la beauté de la rencontre réelle et rêvée entre le passionné et le passionnant…
Ah qu’il est -finalement- bon de rêver.
Accompagnés d’une fleur rouge, ces deux êtres sensibles et véritables en mouvement dans la ville nous offrent un plaisir baigné de tristesse de nous échapper.

Son auteur aujourd’hui nous échappe aussi, mais son oeuvre reste bien vivante, offerte tel un cadeau à ceux qui comme moi la découvrent à peine…

Le vrai rêve du cinéma c’est que ses étoiles ne meurent jamais.

Génération 1960

Posted in Cine on junio 27, 2016 by marie

Chronique d’un été est un film d’Edgar Morin et Jean Rouch tourné en 1960. C’est une expérience cinématographique dans laquelle les réalisateurs demandent à des gens de se livrer tout en questionnant leur rapport au bonheur.

“On ne se pose pas la question du bonheur, c’est peut-être pour ça qu’on se considère comme heureux,
parce que si on se pose le problème du bonheur,
qui est un mot assez creux,
parce que se poser le problème du bonheur, c’est se poser le problème du malheur,
c’est ridicule”.

1961, ce sont des gens modestes, des ouvriers qui galèrent, des gens avec quelques idéaux, des jeunes sans espoir, des gens qui ont tout compris, des gens qui doutent, des gens qui se rencontrent.
Le film est un  véritable témoin d’une époque et de ses problèmes : Guerre d’Algérie, la crise congolaise, on est au lendemain de la 2de GM.
Il respire aussi l’envie de mettre en lumière des façons de penser, des façons d’être, véritables reflets de la richesse de la diversité humaine et des les confronter entre elles.
Son dispositif est d’autant plus intéressant qu’il intègre la pleine participation des réalisateurs dans cette expérience, eux-mêmes se questionnant sur ce qu’ils font, questionnant les protagonistes et organisant  une projection avec les participants du film pour qu’ils donnent leurs avis. A la fin de cette projection une fille de 12 ans s’exclame  “c’est moins drôle que du Charlot”!
C’était comment quand mes parents étaient gamins?
Les dames portaient des talons qui sur le carrelage du métro s’écoutaient en écho, Paris était Noir et blanc, les gens habitaient en hauteur et regardaient le monde depuis des lucarnes. Les gens étaient inquiets, seuls, en couple, soumis au travail, heureux d’avoir du temps pour “bricoler”. Ils aimaient échanger, avoir des avis sur tout, puis en douter, un peu, à la folie ou pas du tout.

Est-ce qu’on a bien changé depuis?
En tout cas, on se pose les mêmes questions… C’est quoi le bonheur? A quoi ça sert de travailler ? Qu’est qu’il nous manque pour être heureux ?
Et toi… tu es qui ? qui sommes nous?

Pour un moment, grâce à ce très beau film de Morin et Rouch, toutes ces vies convergent et se retrouvent sur la même pellicule, le après et le avant on s’en fout, la réalité de ces gens en 1960, c’était celle-là, avec des hauts et avec des bas.